April 16, 2013 / 10:46 AM / 4 years ago

La raffinerie Petroplus définitivement fermée

5 MINUTES DE LECTURE

Le tribunal de commerce de Rouen a rejeté mardi les deux offres de reprise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. /Photo d'archives/Philippe Wojazer

ROUEN, Seine-Maritime/PARIS (Reuters) - Le tribunal de commerce de Rouen a sonné mardi le glas des espoirs de reprise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) en rejetant les deux offres en lice au dernier jour de la date-butoir fixée avant la fermeture définitive.

Au terme d'une année de douches écossaises pour les 448 salariés du site, deux dossiers, ceux des groupes panaméen Netoil et libyen Murzuk Oil, avaient été jugés recevables début avril par les administrateurs judiciaires.

"Le tribunal a jugé qu'aucune des offres examinées (...) ne présentait les capacités financières et techniques suffisantes pour assure la reprise pérenne de Petroplus", ont indiqué les administrateurs judiciaires dans un communiqué.

Ils précisent que cette décision "entraîne donc la cessation définitive d'activité de la société (...) et malheureusement le déclenchement dans les jours prochains de la procédure de licenciement collectif des salariés", ont-ils ajouté, précisant que le comité d'entreprise se réunirait le 18 avril.

A l'issue de la décision, les quelques centaines de salariés et de sous-traitants présents devant le tribunal criaient : "Nationalisation, nationalisation" mais le fatalisme dominait.

"On a eu une audience très riche mais clairement les repreneurs n'étaient pas au rendez-vous", a déclaré l'avocat des salariés Jean-Marie Valentin. "Les salariés sont allés au bout de ce qui était possible. Il faut raison garder et penser maintenant à l'avenir."

En février 2012, l'avenir de la raffinerie de Petit-Couronne, que le candidat François Hollande s'était engagé à sauver, a provoqué des prises de positions contradictoires au sein du gouvernement.

Une décision Attendue

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg s'était notamment dit confiant, évoquant des offres "sérieuses, crédibles, financées, qui demandent à être finalisées".

Dans un communiqué, Arnaud Montebourg et le ministre du Travail, Michel Sapin, disent dans un communiqué prendre acte de la décision qui, "associée à l'épuisement de la trésorerie de la société, clôt la période de recherche de repreneurs".

Les autorités françaises estiment avoir tout fait pour faciliter la reprise du site.

"Pour autant, c'était aux repreneurs de faire la preuve devant le tribunal de commerce de leur capacité à assurer une nouvelle vie à la raffinerie de Petit-Couronne, ce qui n'a malheureusement pas été le cas. Rien n'aurait été pire qu'une solution précaire qui aurait finalement nui aux salariés et à leurs familles", ajoute le communiqué.

Les deux ministres affirment qu'une centaine de salariés seront reclassés dans d'autres entreprises de la branche et s'engagent à travailler au "repositionnement du site, notamment dans sa vocation industrielle".

Pour l'industrie pétrolière, cette décision n'est pas inattendue, en raison du manque de solidité financière des sociétés candidates à la reprise.

"Petit-Couronne produit environ 120.000 barils par jour, ça représente 15 millions d'euros de produits.(..) On ne peut pas confier des installations de cette importance à des entités qui n'ont pas la solidité financière requise", a déclaré à Reuters Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

Pas De Nouvelles Fermetures

La France ne devrait pas faire face à de nouvelles fermetures de raffineries, a précisé Jean-Louis Schilansky, ajoutant que l'industrie allait offrir une centaine de reclassements dans la branche aux employés du site.

La saga judiciaire pour la reprise de la raffinerie aura duré plus d'un an, après la faillite de sa maison-mère, le groupe suisse Petroplus fin janvier 2012.

L'ancien propriétaire, le groupe britannique Shell avait conclu, pendant la campagne présidentielle, un accord avec le précédent gouvernement pour exploiter le site sur une durée de six mois, donnant un dernier souffle à la raffinerie.

Quelques minutes avant la décision, les salariés rassemblés devant le tribunal se montraient pessimistes.

"Bien ou mal, il faut que cela se termine. Je crois qu'il y a peu de gens qui croient à une cession", ajoutait Bruno Capon, secrétaire CGT du comité d'entreprise, précisant que les premières lettres de licenciement seraient envoyées le 23 avril.

Depuis les années 1970, une quinzaine de raffineries ont fermé leurs portes en France, où l'on compte désormais huit sites en activité - hormis Petit-Couronne - et une installation mise sous cocon près de Marseille.

Elles produisent la moitié du diesel consommé dans le pays, soit 20 millions de tonnes, ainsi que sept millions de tonnes d'essence.

Marc Parrad et Marion Douet, édité par Yves Clarisse

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