La taille du secteur bancaire n'est pas en soi un risque

lundi 15 avril 2013 12h53
 

par Carmel Crimmins et Sinead Cruise

DUBLIN/LONDRES (Reuters) - Malgré les craintes suscitées par la crise financière chypriote, l'ampleur démesurée du secteur bancaire de certains pays de la zone euro, comme Malte ou le Luxembourg, ne constitue pas à elle seule une menace d'instabilité, et c'est surtout la qualité des prêts qui doit être prise en compte.

L'Eurogroupe a validé vendredi l'aide internationale de 10 milliards d'euros accordée à Chypre, qui doit de son côté lever 13 milliards d'euros dont la majorité sera obtenue par la fermeture de Laïki et la restructuration de Bank of Cyprus, respectivement deuxième et première banques du pays.

Le secteur bancaire chypriote représente près de huit fois son produit intérieur brut (PIB), ce qui est plus du double de la moyenne européenne.

Même sans tenir compte des banques internationales installées à Chypre, notamment russes, le total des actifs détenus par les trois principaux établissements du pays est cinq fois plus élevé que l'ensemble de l'économie du pays.

Mais l'origine de la crise est bien à chercher dans la stratégie choisie par les banques chypriotes, qui ont utilisé l'accumulation des dépôts pour miser sur l'économie grecque, ce qui les a considérablement exposées quand l'UE a imposé des pertes sur les obligations souveraines émises par Athènes.

Laïki a presque quadruplé ses provisions pour pertes au troisième trimestre 2012, à 400 millions d'euros, et le taux des créances douteuses de Bank Of Cyprus avait lui atteint 17% en septembre.

Cette exposition excessive à des prêts en défaut est l'un des principaux arguments brandis par les acteurs du secteur et les autorités luxembourgeoises, dont le secteur bancaire représente 22 fois le PIB, pour différencier les situations des deux pays.

"Notre centre financier est bien plus diversifié; il compte 142 banques, qui sont principalement des filiales d'établissements étrangers très importants, avec un ratio de solvabilité supérieur à 15%", explique ainsi Marc Saluzzi, président de l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement.   Suite...

 
Les analystes interrogés par Reuters estiments que, malgré les craintes suscitées par la crise financière chypriote, l'ampleur démesurée du secteur bancaire de certains pays de la zone euro, comme Malte ou le Luxembourg, ne constitue pas à elle seule une menace d'instabilité: c'est surtout la qualité des prêts qui doit être prise en compte. /Photo d'archives/REUTERS/Heinz-Peter Bader