Pas de levée du secret bancaire en vue, dit le président suisse

dimanche 14 avril 2013 14h34
 

ZURICH (Reuters) - La Suisse n'a aucune raison de changer de stratégie fiscale, affirme le président de la Confédération dans un entretien accordé au Matin dimanche, quelques jours après l'annonce de l'assouplissement du secret bancaire au Luxembourg.

Prié de dire si Berne avait encore le choix après la décision du Grand Duché, Ueli Maurer répond: "Bien sûr! C'est un moment dangereux pour la Suisse mais, contrairement au Luxembourg, nous ne sommes pas membres de l'Union européenne, nous répondons au standard de l'OCDE. Il n'y a aucune raison de changer de stratégie maintenant".

Dans une série d'entretiens publiés ce week-end, la ministre des Finances, Eveline Widmer-Schlumpf, laisse quant à elle entendre que la Suisse pourrait devoir envisager un échange automatique d'informations avec l'Union européenne pour solder ses vieux contentieux sur l'évasion fiscale avec les "Vingt-Sept".

Pour le président, issu de l'Union démocratique du centre (UDC), un mouvement conservateur, seule "la pression intérieure" pourrait amener la Suisse à changer de position.

"On a déjà fait des concessions. Dernièrement encore, avec l'accord FACTA (Foreign Account Tax Compliance Act, ndlr) signé avec les Etats-Unis", dit-il, évoquant un nouveau dispositif américain de lutte contre l'évasion fiscale.

"De plus, poursuit Ueli Maurer, le secret bancaire n'a plus autant d'importance qu'il y a deux ou trois ans, car la force de la place financière tient aujourd'hui aussi à la stabilité politique de la Suisse, à sa fiabilité et à sa crédibilité. Les banquiers me disent que c'est ce qui fait venir les clients étrangers."

Silke Koltrowitz, Jean-Philippe Lefief pour le service français

 
La Suisse n'a aucune raison de changer de stratégie fiscale, affirme le président de la Confédération Ueli Maurer dans un entretien accordé au Matin dimanche, quelques jours après l'annonce de l'assouplissement du secret bancaire au Luxembourg. /Photo prise le 8 mars 2013/REUTERS/Pascal Lauener