Le lobby bancaire espère édulcorer le projet européen de TTF

dimanche 14 avril 2013 10h19
 

par Swaha Pattanaik et Simon Jessop

LONDRES (Reuters) - Les milieux bancaires espèrent bien pouvoir persuader l'Union européenne que son projet de taxe sur les transactions financières (TTF) présente suffisamment de risques pour des économies à la peine et mérite d'être édulcoré.

Leur campagne contre la TTF, qui sera mise en place dans onze des 27 pays de l'UE, insiste sur l'impact "dramatique" de cette mesure pour les marchés financiers et pour le financement des gouvernements et des entreprises.

Cette taxe, inspirée de travaux de l'économiste américain James Tobin remontant à une quarantaine d'années, aura une portée symbolique en montrant que les autorités politiques, après cinq ans d'une crise née sur les marchés, entendent mettre à contribution des banques souvent remises à flot par l'argent public.

Selon le plan présenté mi-février, la taxe sera de 0,01% pour les produits dérivés et de 0,1% pour les actions et les obligations.

La TTF doit être mise en place en janvier 2014 par l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, l'Estonie, la France, la Grèce, l'Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie.

La Commission estime qu'elle rapportera jusqu'à 35 milliards d'euros par an, soit 1% des recettes fiscales des pays participants.

Les banquiers préviennent que l'impact de cette taxe se répercutera au-delà du seul système financier si l'UE s'en tient à son idée de taxer acheteurs et vendeurs à chaque étape de chaque transaction, qu'elle soit effectuée par un acteur d'un des pays où s'applique la TTF, ou implique un avoir émis par une institution basé dans un de ces pays.

"Je pense que l'impact sera dramatique. Je serais très étonné que (le projet) soit adopté dans sa forme actuelle", déclare Remco Lenterman, président de la FIA EPTA (European Principal Traders Association), un groupe de pression basé à Bruxelles.   Suite...

 
Traders à Francfort. Les milieux bancaires espèrent bien pouvoir persuader l'Union européenne que son projet de taxe sur les transactions financières (TTF) présente suffisamment de risques pour des économies à la peine et mérite d'être édulcoré. Selon le plan présenté mi-février, la taxe sera de 0,01% pour les produits dérivés et de 0,1% pour les actions et les obligations. /Photo prise le 28 mars 2013/REUTERS/Remote/Pawel Kopczynski