Chypre et l'union bancaire au menu de l'Ecofin à Dublin

jeudi 11 avril 2013 22h44
 

par John O'Donnell et Jan Strupczewski

DUBLIN (Reuters) - Les suites du sauvetage de Chypre sont à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances vendredi et samedi à Dublin, qui leur donnera aussi l'occasion de débattre des réticences croissantes de l'Allemagne à engager l'union bancaire.

Les discussions sur Chypre pourraient être animées car des documents dont Reuters et plusieurs autres médias ont eu connaissance mercredi montrent que le montant total du sauvetage pourrait atteindre 23 milliards d'euros, soit six milliards de plus qu'évoqué initialement, un surcoût dont l'Etat chypriote devrait assumer seul la charge.

Nicosie pourrait entre autres vendre pour 400 millions d'euros une partie de ses réserves d'or et relever les taux de l'impôt sur les sociétés et de la taxation des plus-values, alors même que son économie est menacée d'une contraction de 12% sur les deux ans à venir.

Le démantèlement de la Cyprus Popular Bank (Laiki), ainsi que l'effacement d'une partie des dettes garanties et la mise à contribution des dépôts bancaires non-garantis de la première banque du pays, Bank of Cyprus, devraient rapporter au total 10,6 milliards d'euros, expliquent les documents.

Ce montage pourrait subir des ajustements mineurs vendredi, a déclaré à la presse la ministre finlandaise des Finances, en précisant que le montant global resterait inchangé.

L'accord formel sur l'aide à Chypre pourrait être signé à la fin du mois afin que Nicosie puisse recevoir début mai les premiers prêts extérieurs.

La réunion de Dublin est informelle et aucune décision d'envergure ne devrait y être adoptée. Mais outre le dossier chypriote, elle donnera l'occasion aux ministres des Finances de l'Union d'évoquer la situation de la Slovénie, jugée de plus en plus préoccupante et de débattre du projet d'union bancaire à l'échelle de la zone euro, voire de l'Union dans son ensemble.

En juin dernier, les dirigeants de l'Union s'étaient accordés pour lancer cette union bancaire, jugée indispensable pour briser le lien entre la santé financière des grandes banques et celle des Etats souverains.   Suite...

 
Devant une succursale de la Bank of Cyprus à Nicosie. Les suites du sauvetage de Chypre sont à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances vendredi et samedi à Dublin, qui leur donnera aussi l'occasion de débattre des réticences croissantes de l'Allemagne à engager l'union bancaire. /Photo prise le 31 mars 2013/REUTERS/Yorgos Karahalis