La BCE forcée de s'adapter au ralentissement des prix

jeudi 11 avril 2013 18h33
 

par Paul Carrel

FRANCFORT (Reuters) - Créée sur le modèle de la Bundesbank allemande, la Banque centrale européenne (BCE) a longtemps fait de la lutte contre l'inflation sa priorité. Mais aujourd'hui, c'est à un autre risque qu'elle doit veiller: celui d'une hausse trop lente, voire d'une baisse des prix.

Ses responsables ont commencé à intégrer dans leur réflexion le fait que l'inflation dans la zone euro s'éloigne peu à peu de leur objectif d'un taux "inférieur à, mais proche de 2%", même s'ils assurent que la déflation proprement dite ne menace pas les Dix-Sept.

Cette évolution, susceptible d'accroître la pression en faveur d'une baisse des taux d'intérêt ou de l'adoption de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire, a été mise en évidence cette semaine par les chiffres de l'inflation en Grèce, passés en territoire négatif pour la première fois depuis 45 ans.

Bien sûr, l'économie grecque est un cas à part, mais la tendance au ralentissement de l'inflation s'observe aussi dans d'autres pays "périphériques" de la zone euro comme le Portugal ou l'Espagne. Et même en France, où la hausse de l'indice des prix harmonisé aux normes européennes (IPCH) est tombée à 1,1% seulement en mars selon les statistiques publiées jeudi par l'Insee.

"Avec la récession, la montée du chômage et le durcissement des politiques budgétaires dans ces pays, il ne serait pas surprenant du tout d'observer des taux négatifs pendant au moins quelques mois cette année", estime Holger Sandte, analyste de la banque Nordea.

La BCE n'est évidemment pas près d'emboîter le pas à la Banque du Japon, qui a annoncé la semaine dernière des injections massives de liquidités dans le système financier pour tenter d'en finir avec la déflation -bien réelle, celle-là- qui plombe l'économie nippone depuis 20 ans.

En effet, les anticipations d'inflation dans la zone euro telles que les traduisent les cours des obligations d'Etat n'intègrent aucun risque de déflation à un horizon de dix ans.

Pour autant, l'institution de Francfort est bien consciente de la faiblesse de la demande intérieure, forcément porteuse de tensions déflationnistes.   Suite...

 
Créée sur le modèle de la Bundesbank allemande, la Banque centrale européenne (BCE) a longtemps fait de la lutte contre l'inflation sa priorité. Mais aujourd'hui, c'est à un autre risque qu'elle doit veiller: celui d'une hausse trop lente, voire d'une baisse des prix. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Grimm