Retour à meilleure fortune pour les façonniers du luxe

mardi 9 avril 2013 15h33
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Les façonniers français du prêt-à-porter ont retrouvé en 2012 leurs niveaux d'activité d'avant 2009, grâce aux commandes d'un secteur du luxe dont la croissance reste solide malgré un ralentissement récent.

Les fabricants de prêt-à-porter haut de gamme pour les grandes griffes comme Chanel, Hermès, Saint Laurent (groupe PPR), Céline ou Louis Vuitton (groupe LVMH) avaient perdu entre 30% et 50% de leur chiffre d'affaires avec la crise déclenchée par la faillite de Lehman Brothers à l'automne 2008.

Quatre ans après, "les carnets de commandes sont globalement bons et les volumes quasiment ce qu'ils étaient en 2008", déclare Tony Herblot, patron de l'atelier vendéen Socovet et président du groupement des façonniers de mode du Grand Ouest, principal syndicat de la profession.

"Cela confirme un certain retour des acteurs du luxe, qui nous attribuent davantage de chiffre d'affaires", ajoute-t-il, à la veille du salon dédié à la haute façon française, à Paris les 10 et 11 avril.

Le chiffre d'affaires de la profession, qui compte environ 200 PME et emploie quelque 10.000 personnes, a progressé entre 5% et 10% l'an dernier, pour dépasser les 450 millions d'euros.

En quelques années, les façonniers se sont adaptés pour s'assurer des commandes aussi pérennes que possible en se repositionnant sur la haute fabrication pour le secteur du luxe.

La situation est plus difficile pour les fabricants davantage exposés au prêt-à-porter de milieu de gamme, qui ne peut assumer des coûts de fabrication sensiblement plus élevés qu'en Europe de l'Est ou au Maghreb.

Certaines marques comme Parakian ou Chacok voudraient pouvoir relocaliser leur sous-traitance en France, aux dires de Tony Herblot, mais sont contraintes par leurs prix de vente en boutique, incompatibles avec les coûts de fabrication dans l'Hexagone.   Suite...

 
Les façonniers français du prêt-à-porter ont retrouvé en 2012 leurs niveaux d'activité d'avant 2009, grâce aux commandes d'un secteur du luxe dont la croissance reste solide malgré un ralentissement récent. /Photo d'archives/REUTERS/Chris Helgren