Le thatchérisme, une idéologie radicale devenue la norme

lundi 8 avril 2013 22h16
 

par Jeremy Gaunt

LONDRES (Reuters) - Margaret Thatcher, morte lundi à l'âge de 87 ans, a laissé en héritage une politique économique passée du rang d'idéologie radicale à la norme, révérée ou décriée.

Des ministres des Finances de la zone euro réclamant des programmes de privatisation aux gouvernements des pays frappés par la crise de la dette aux élus américains qui exigent des baisses de la dépense publique ou une restriction du droit syndical: plus de vingt ans après son départ du 10, Downing Street, les tenants du thatchérisme restent profondément inscrits dans les politiques contemporaines.

La "Dame de fer" prônait la déréglementation, la réduction du secteur public, l'ouverture des marchés et la privatisation. Des termes aujourd'hui courants dans le débat public. Mais en 1979, lorsqu'elle devient la première femme - et à ce jour l'unique - à prendre la tête du gouvernement britannique, aucune de ces politiques économiques n'était familière.

"Elle a fait bouger les lignes du politiquement possible", observe Steve Davies, historien de l'économie et directeur de l'Institute of Economic Affairs, un centre britannique de recherches et de réflexions.

"D'un côté, on en est venu à prendre au sérieux les politiques de privatisation ou de dérégulation; de l'autre, des politiques que l'on prenait au sérieux comme l'économie dirigée ne le sont plus", ajoute-t-il.

UN MODÈLE À L'EST

Au départ pourtant, le thatchérisme et son cousin américain, les "Reaganomics" menées par l'administration du président républicain Ronald Reagan au pouvoir pratiquement au même moment (1980-1988), apparaissent comme des ruptures radicales.

Le seul mot de "privatisation", par exemple, était pratiquement inusité avant 1979.   Suite...

 
Margaret Thatcher, morte lundi à l'âge de 87 ans, a laissé en héritage une politique économique passée du rang d'idéologie radicale à la norme, révérée ou décriée. Des ministres des Finances de la zone euro réclamant des programmes de privatisation aux gouvernements des pays frappés par la crise de la dette aux élus américains qui exigent des baisses de la dépense publique ou une restriction du droit syndical: plus de vingt ans après, les tenants du thatchérisme restent profondément inscrits dans les politiques contemporaines. /Photo prise le 25 juillet 2005/REUTERS/Stephen Hird