L'effet BoJ profite à la dette de zone euro, sauf au Bund

vendredi 5 avril 2013 12h26
 

par Ana Nicolaci da Costa

LONDRES (Reuters) - Les rendements des emprunts d'Etat de plusieurs pays de la zone euro bien notés en dehors de l'Allemagne ont atteint vendredi leur plus bas niveau historique, des intervenants évoquant la possibilité que des investisseurs japonais se détournent de leur marché domestique pour s'intéresser à la zone euro.

Le rendement à dix ans français est ainsi passé pour la première fois sous la barre symbolique de 1,8%, pour revenir à 1,799%. Parallèlement, le rendement autrichien a inscrit un plus bas à 1,52% et l'équivalent belge a fait de même à 2,005%.

Ce mouvement intervient au lendemain de l'annonce par la Banque du Japon (BoJ) d'une nouvelle phase d'assouplissement quantitatif qui a fait tomber le rendement des emprunts à dix ans nippons (JGB) à 0,315%.

La préférence pour les obligations de la zone euro offrant un rendement supérieur à celui de la dette allemande intervient alors que les coûts de financement de l'Allemagne ont touché jeudi leur plus bas niveau depuis huit mois, conséquence des déclarations de la Banque centrale européenne sur le fait qu'elle est "prête à agir" pour soutenir l'économie.

"Il semble que les décisions de la Banque du Japon aient pour conséquence de détourner des capitaux du Japon pour aller vers d'autres marchés, et les 'semi-core' ont toujours figuré parmi les favoris (des Asiatiques)", explique un trader.

L'expression "semi-core" regroupe les émetteurs de la zone euro appartenant au "noyau" de la zone euro mais offrant des rendements supérieurs à ceux des Etats les mieux notés, comme l'Allemagne ou la Finlande.

LE BUND TROP CHER

Philip Tyson, stratège d'ICAP, a évoqué dans un entretien à Reuters Insider des rumeurs de marché selon lesquelles des compagnies d'assurance-vie japonaises ont déjà commencé à céder des JGB pour se mettre en quête en rendement, notamment en Europe.   Suite...

 
Les rendements des emprunts d'Etat de plusieurs pays de la zone euro bien notés -en dehors de l'Allemagne- ont atteint vendredi leur plus bas niveau historique, des intervenants évoquant la possibilité que des investisseurs japonais se détournent de leur marché domestique pour s'intéresser à la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas