Le baijiu menacé par la campagne "anti-luxe" en Chine

mercredi 3 avril 2013 11h56
 

par Adam Jourdan

SHANGHAI (Reuters) - Les fabricants de baijiu, un alcool blanc très prisé en Chine, s'attendent à un ralentissement de leurs ventes cette année, la campagne lancée par Pékin contre les dépenses somptuaires des hauts fonctionnaires et responsables locaux ayant déjà commencé à peser sur leur croissance.

Cette évolution pourrait notamment pénaliser Kweichow Moutai, que ses marques de prestige et ses prix de vente élevés placent en première ligne.

"Moutai va être touché plus durement parce qu'il est devenu le 'Ferrari' de l'alcool. C'est la marque que tout le monde a un peu peur d'acheter", explique Shaun Rein, directeur général de China Market Research Group à Shanghai.

Le baijiu, dont les ventes mondiales dépassent celles de la vodka, est très prisé dans les banquets officiels en Chine et constitue un cadeau de choix dans les relations commerciales. Il a été l'un des grands bénéficiaires de l'essor du marché chinois du luxe ces dernières années.

Les marques haut de gamme sont généralement vendues autour de 200 euros la bouteille et certaines peuvent atteindre des prix à quatre chiffres.

Le gouvernement de Pékin a pris l'an dernier une série de mesures destinées à réduire les dépenses officielles en produits de luxe, baijiu compris.

"Le secteur du baijiu est soumis à des pressions sans précédents", a déclaré le conseil d'administration de Kweichow Moutai dans son rapport annuel 2012, publié la semaine dernière.

Depuis le lancement par Pékin de sa campagne "anti-luxe", les principaux producteurs cotés souffrent en Bourse: le cours de l'action Moutai a chuté de 38%, celui de son concurrent Wuliangye Yibin de 44% depuis juillet.   Suite...

 
Les fabricants de baijiu, un alcool blanc très prisé en Chine, s'attendent à un ralentissement de leurs ventes cette année, la campagne lancée par Pékin contre les dépenses somptuaires des hauts fonctionnaires et responsables locaux ayant déjà commencé à peser sur leur croissance. /Photo d'archives/REUTERS/Aly Song