Logement, faible rendement, cherche investisseur institutionnel

mardi 2 avril 2013 18h37
 

par Alexandre Boksenbaum-Granier et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les professionnels du logement attendent encore les mesures du gouvernement qui permettraient aux investisseurs institutionnels de revenir sur un marché où ils sont jugés essentiels pour atteindre l'objectif de 500.000 habitations neuves par an.

Le rapport sur l'épargne longue présenté mardi, comme le plan d'urgence annoncé fin mars par François Hollande, aborde juste le sujet. Les députés socialistes Karine Berger et Dominique Lefebvre y proposent un nouveau contrat d'assurance-vie pouvant être investi entre autres dans le logement.

Environ 75 milliards d'euros, soit 4,3% des actifs des compagnies d'assurance, sont placés dans l'immobilier.

"Si le gouvernement souhaite par exemple un soutien de l'assurance-vie, il va falloir mettre en place une conditionnalité à son régime fiscal", estime Marc Gedoux, président du promoteur Pierre Etoile. "L'Etat doit maintenir le régime fiscal de l'assurance-vie tout en imposant un investissement de 15% à 20% des fonds dans le logement."

Reste que des mesures incitatives ou obligatoires liées à l'assurance-vie ne sauraient à elles seules convaincre les institutionnels, à l'heure où certains veulent réduire leur exposition au marché immobilier français, comme Axa, préoccupé par les perspectives économiques de la France.

A neuf jours du salon de l'immobilier, le secteur du bâtiment, qui compte 1,18 million de salariés rien que dans la construction, reconnaît en effet que le manque de rentabilité du logement constitue le principal problème des institutionnels.

LE FONCIER, PREMIÈRE VARIABLE D'AJUSTEMENT

"Nous investissons dans l'immobilier, pas dans l'immobilier d'habitation parce que ce n'est pas très rentable", ne cachait pas Nicolas Moreau, le PDG d'Axa France, jeudi dernier lors d'un point de presse.   Suite...

 
Les professionnels du logement attendent encore les mesures du gouvernement qui permettraient aux investisseurs institutionnels de revenir sur un marché où ils sont jugés essentiels pour atteindre l'objectif de 500.000 habitations neuves par an. Avec un rendement brut moyen de 3% par an, le logement manque de rentabilité face à des taux de 7% à 8% dans l'immobilier de bureau, voire de 10% à 12% dans les entrepôts de logistique en périphérie des villes. /Photo prise le 15 février 2013/REUTERS/Jean-Paul Pélissier