Le répit sur les déficits sera de courte durée

vendredi 29 mars 2013 18h03
 

par Marc Joanny

PARIS (Reuters) - François Hollande s'est fixé comme cap de renouer avec la croissance, un objectif qui va se heurter à l'affaiblissement du potentiel de l'économie française avec la crise et aux nouveaux efforts budgétaires à consentir en 2014 si la reprise tarde.

"Ma priorité, c'est l'emploi mais mon cap c'est la croissance", a déclaré le chef de l'Etat lors de son intervention sur France 2, jeudi soir, destinée à reconquérir une opinion de plus en plus défiante.

S'il a réitéré à cette occasion son objectif d'inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013, il n'a fixé aucun horizon pour le retour de la croissance même si les deux sont liés.

Certes, l'éventualité d'une embellie sur le front de l'emploi peut être confortée par la perspective d'un rebond d'autant plus marqué que l'activité aura été déprimée en 2013.

"Il y a une similitude entre l'épisode de récession de 1991-1993 puis l'épisode de reprise contrariée des années 1994-1996 et le profil de croissance 2008-2012", relevait Olivier Passet, directeur des études économiques de Xerfi, en début d'année.

"2013 pourrait ressembler à l'année 1997, l'aube d'un cycle de croissance compensatoire dans sa durée et son ampleur", estimait-il alors, soulignant par ailleurs l'amélioration de l'environnement international et un contexte de taux d'intérêt exceptionnel avec des taux réels nuls ou quasi nuls.

Mais la capacité de rebond de l'économie française, comme celle de plusieurs de ses partenaires de la zone euro, est mise à mal par les dégâts occasionnés par la crise financière de 2008-2009, souligne Patrick Artus, responsable des études économiques de la banque Natixis.

Selon lui, les prévisions actuelles pour 2014 et au-delà pour ces pays se fondent sur une appréciation trop optimiste de leur "croissance potentielle", que les économistes définissent comme le niveau de production correspondant à l'utilisation normale et efficace de l'ensemble des ressources productives.   Suite...

 
LA DETTE ET LE DÉFICIT PUBLICS