Le cuir, nouvel enjeu stratégique du secteur du luxe

jeudi 28 mars 2013 15h43
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Après les composants horlogers, la course à la sécurisation des approvisionnements touche aujourd'hui le cuir haut de gamme, que s'arrachent les groupes de luxe.

L'explosion des ventes de sacs de luxe dans le monde provoque des tensions sur la demande de peaux de grande qualité.

En rachetant leurs fournisseurs, parfois en totalité, les marques s'assurent un approvisionnement prioritaire en belles peaux, recherchées pour leur rareté (les cuirs exotiques), la finesse de leur grain ou leur absence de défaut (cuirs de veau ou d'agneau).

PPR (Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent), déjà propriétaire d'une majorité du capital de l'italien Caravel, vient d'annoncer une prise de participation majoritaire dans la société France Croco, une des principales tanneries françaises spécialisées dans le traitement des peaux de crocodile.

En début d'année, Hermès, déjà autosuffisant en peaux exotiques avec quatre sites, en France, aux Etats-Unis et en Italie, a franchi une nouvelle étape en rachetant la tannerie ardéchoise d'Annonay, un de ses fournisseurs historiques en peaux de veau haut de gamme.

LVMH (Louis Vuitton, Fendi, Céline) a acquis au printemps 2012 les tanneries Roux, dans la Drôme, spécialisées dans le cuir de veau. Fin 2011, le groupe avait déjà pris une participation majoritaire dans la société singapourienne Heng Long International, une des plus importantes tanneries de peaux de crocodiles du monde, alors valorisée à 92 millions d'euros.

Les peaux, exotiques ou non, sont devenues aussi précieuses que des composants horlogers, remarque Marc Willaume, analyste chez Raymond James.

PÉNURIE   Suite...

 
Après les composants horlogers, la course à la sécurisation des approvisionnements touche aujourd'hui le cuir haut de gamme, que s'arrachent les groupes de luxe. L'explosion des ventes de sacs de luxe dans le monde provoque des tensions sur la demande de peaux de grande qualité. /Photo d'archives/REUTERS/Vivek Prakash