Tensions à Chypre entre la présidence et la Banque centrale

mercredi 27 mars 2013 18h45
 

par Michele Kambas et Laura Noonan

NICOSIE (Reuters) - L'accord conclu ce week-end à Bruxelles est censé sauver Chypre de la faillite, mais l'île n'en est pas pour autant tirée d'affaire, comme le montrent les tensions croissantes entre le chef de l'Etat issu des rangs conservateurs et le gouverneur de la Banque centrale, nommé par son prédécesseur communiste.

Le mépris à peine voilé de l'entourage du président Nicos Anastasiades à l'égard de Panicos Demetriades alimente le sentiment que les autorités sont sous le choc d'un accord arraché à la dernière minute, au terme d'âpres négociations.

Nommé en mai par Demetris Christofias, qui était alors le dernier chef d'Etat communiste de l'Union européenne, le gouverneur de la Banque centrale aura un rôle crucial à jouer dans la mise en oeuvre du plan de sauvetage.

C'est lui qui va devoir superviser la restructuration de la première banque du pays et la liquidation de la seconde.

L'ancien professeur d'économie de l'université de Leicester très hostile aux politiques d'austérité devra en outre veiller au respect du dispositif censé encadrer strictement les opérations bancaires pour éviter une fuite des capitaux à la réouverture des établissements nationaux, prévue jeudi.

"Il y a un total déficit de communication entre la Banque centrale et les conseillers du président. La Banque centrale a perdu le respect du président et du secteur bancaire", note un expert impliqué dans la résolution de la crise chypriote.

"UN DÉSASTRE ABSOLU"

Les divergences ont jusqu'ici porté sur les thèmes éminemment sensibles de la liquidation de la Cyprus Popular Bank et de la date de réouverture des banques, qui sont fermées depuis le 16 mars pour éviter une ruée vers les guichets.   Suite...

 
A Nicosie. Alors que les banques chypriotes sont fermées depuis 12 jours, il semble que l'île ne soit pas tirée d'affaire malgré l'accord conclu ce week-end à Bruxelles pour lui épargner la faillite. Les tensions vont en effet croissant entre le chef de l'Etat issu des rangs conservateurs et le gouverneur de la Banque centrale, nommé par son prédécesseur communiste. /Photo prise le 27 mars 2013/REUTERS/Yannis Behrakis