Le renflouement de Chypre pourrait ne pas être le dernier

mercredi 27 mars 2013 16h03
 

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - Chypre ne sera sans doute pas le dernier pays de la zone euro à solliciter une aide internationale, selon une enquête de Reuters auprès d'économistes qui voient en l'Espagne et la Slovénie les pays les plus exposés à cette éventualité.

L'enquête montre également que les économistes sont partagés sur la question de savoir si les modalités du plan d'aide à Chypre, qui prévoit la fermeture de l'une des deux plus grandes banques du pays en mettant à contribution les gros déposants, seront meilleures ou pires pour la stabilité financière de la zone euro.

Chypre a passé lundi un accord de 10 milliards d'euros avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international qui aura entre autres pour effet de rendre l'île moins dépendante d'un secteur bancaire hypertrophié et en pleine déconfiture.

Sur 48 économistes interrogés cette semaine, 36 pensent que d'autres pays de la zone euro auront besoin d'une aide. Seize évoquent l'Espagne et 16 autres la Slovénie, dont le secteur bancaire surdéveloppé la fait comparer à Chypre sur ce point.

"L'accord pour Chypre porte la crise bancaire européenne à un nouveau niveau ", dit Lena Komileva, directrice de G+ Economics, un cabinet de consultants londonien.

Elle explique qu'il implique un retour du risque de convertibilité dans la zone euro, autrement dit qu'on ne peut traiter les euros de Chypre comme les autres euros.

Le contrôle des capitaux préparés pour Chypre sont l'un des motifs expliquant ce risque de convertibilité. Destiné à empêcher une ruée aux guichets, ce contrôle rend de fait un euro chypriote moins liquide que partout ailleurs dans la zone euro où n'existe pas une telle limitation.

Pour autant, 38 des 46 économistes interrogés jugent pertinent ce contrôle des capitaux, l'alternative étant une fuite des capitaux incontrôlée.   Suite...

 
Chypre ne sera sans doute pas le dernier pays de la zone euro à solliciter une aide internationale, selon une enquête de Reuters auprès d'économistes qui voient en l'Espagne et la Slovénie les pays les plus exposés à cette éventualité. /Photo d'archives/REUTERS/Peter Macdiarmid