La zone euro se surestime après la crise chypriote, juge Moody's

mercredi 27 mars 2013 11h46
 

LONDRES (Reuters) - La gestion confuse du dossier chypriote accroît la pression sur les pays de la zone euro menacés d'une dégradation de leur note souveraine et prouve que les dirigeants de la région surestiment leur capacité à contenir la crise, juge l'agence Moody's.

L'accord de renflouement de Chypre conclu lundi matin à Bruxelles a enfreint un quasi-tabou en imposant une contribution des gros déposants bancaires. Cette mesure inédite fait craindre une inflexion de la politique de la zone euro en matière de gestion des crises souveraines et bancaires.

"Les décideurs politiques semblent très confiants dans le fait que la situation des marchés est assez bénigne et qu'ils disposent des outils permettant d'éviter une contagion à d'autres économies périphériques et à leur système bancaire", a déclaré à Reuters Bart Oosterveld, directeur du risque souverain de Moody's.

"Nous pensons que cette confiance pourrait être malvenue."

Bart Oosterveld, qui s'exprimait aux côtés de deux autres analystes spécialisés de Moody's, s'est refusé à dire si l'Italie et l'Espagne, dont les notes respectives Baa2 et Baa3 sont assorties d'une perspective négative, étaient particulièrement vulnérables à une nouvelle dégradation après les derniers développements du dossier chypriote.

Mais Moody's juge que Chypre reste menacé d'une "période prolongée" de défaut, voire d'une sortie de la zone euro.

Dietmar Hornung, responsable du suivi de l'Italie pour l'agence, a déclaré que le contexte de la zone euro et la situation politique spécifique à la péninsule pesaient sur les perspectives de croissance, ce qui pourrait avoir un impact sur la note de Rome à l'avenir.

DU MIEUX EN ESPAGNE, DES DOUTES EN FRANCE

"La situation de Chypre et son impact sur les souverains de la zone euro sont négatifs et l'Italie ne fait pas exception", a-t-il dit, précisant que la cohésion sociale et la santé des banques italiennes joueraient aussi un rôle important.   Suite...

 
A Nicosie. L'agence de notation Moody's critique la gestion confuse du dossier chypriote par les pays de la zone euro et menace de dégrader la note souveraine de ces derniers. /Photo prise le 23 mars 2013/REUTERS/Yannis Behrakis