EADS, une entreprise "normale" en quête de stratégie

mardi 26 mars 2013 12h19
 

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - EADS va opérer mercredi sa mue la plus spectaculaire depuis sa création en 2000, devenant enfin une entreprise normalisée, débarrassée de l'imbroglio actionnarial qui pesait sur le fonctionnement de ce groupe étendard de l'industrie européenne de l'aérospatiale et de la défense.

Le nouvel EADS, doté d'un conseil d'administration remanié et dégagé pour l'essentiel des influences étatiques, pourra ainsi se réinventer une stratégie en s'appuyant sur les succès d'Airbus, de loin sa principale filiale, sans plus chercher à contrebalancer son importance par ses autres activités.

Les actionnaires, réunis en assemblée générale extraordinaire à Amsterdam, se prononceront mercredi sur une nouvelle structure actionnariale mettant la France et l'Allemagne sur un pied d'égalité avec 12% du capital chacune, avec un flottant porté d'environ 50% à 72% du capital.

"Le changement le plus important est la dissolution du pacte d'actionnaires (entre Lagardère, Daimler et l'Etat français) qui a régi EADS pendant 13 ans et la distinction entre les participations et les droits des actionnaires d'un côté et la gouvernance et le contrôle opérationnel de l'autre", a déclaré mardi Tom Enders à Reuters.

"Dans ce contexte, le conseil d'administration sera renforcé et deviendra réellement indépendant", a-t-il souligné. "(...) EADS deviendra une entreprise normale."

Cette réorganisation, fruit d'un accord signé en décembre dernier, Tom Enders l'a bâtie sur les ruines du projet de fusion avec le britannique BAE Systems, pour lequel il a bataillé pendant les mois qui ont suivi son arrivée à la tête de la maison-mère d'Airbus début juin 2012.

"C'est vraiment l'oeuvre d'Enders. Il a reconnu rapidement l'échec des négociations avec BAE et a réussi à capitaliser sur cet échec en en faisant un vrai succès", souligne Christophe Ménard, analyste chez Kepler Securities.

"C'est quelque chose qui aurait pu prendre deux ou trois années à la suite de l'échec d'EADS-BAE - c'est-à-dire un temps politique", ajoute-t-il, notant que Tom Enders avait réussi à imposer un tempo plus rapide, cohérent avec le monde des affaires.   Suite...

 
EADS va opérer mercredi sa mue la plus spectaculaire depuis sa création en 2000, devenant enfin une entreprise normalisée, débarrassée de l'imbroglio actionnarial qui pesait sur le fonctionnement de ce groupe étendard de l'industrie européenne de l'aérospatiale et de la défense. /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz