La bataille du Medef entre dans une phase décisive

lundi 25 mars 2013 15h33
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Laurence Parisot paraît de plus en plus isolée face à un quatuor de candidats à sa succession à la présidence du Medef, bien décidés à tourner une page de huit ans.

Elle pourra mesurer ses chances jeudi, quand le conseil exécutif de la principale organisation patronale française se prononcera sur le changement de statuts qu'elle demande pour pouvoir briguer un troisième mandat. En attendant, la bataille fait rage et ne tourne pas franchement à son avantage.

Dans une interview publiée jeudi par Les Echos, Laurence Parisot, 53 ans, accuse ses détracteurs de mener contre elle une campagne violente, à coups de tweets anonymes et de vidéos la présentant notamment sous les traits d'Adolf Hitler.

Elle lance une mise en garde contre ceux qui voudraient, selon elle, engager le Medef dans une opposition "frontale" contre le gouvernement socialiste et les syndicats.

"Certains voudraient aussi se servir du patronat pour en faire un outil de combat systématique, quitte à risquer la paralysie de notre pays ou à favoriser le populisme", dit-elle.

"D'autres, et j'en fais partie, préfèrent (...) un travail coopératif, constructif avec les syndicats et le gouvernement", ajoute-t-elle. "Nous ne concevons pas le patronat comme un club fermé qui devrait jouer la confrontation, nous voulons avancer."

Des arguments récusés par un de ses adversaires, Thibault Lanxade, fils d'un ancien chef d'état-major des armées et, à 42 ans, le benjamin des candidats à la présidence du Medef.

"Je suis très attristé par cette interview, qui ne reflète pas la réalité. Ce n'est que de la communication", a déclaré à Reuters le PDG d'Aqoba, pour qui Laurence Parisot est engagée dans une "aventure solitaire" qui nuit à l'image du Medef.   Suite...

 
La présidente du Medef Laurence Parisot épingle lundi, dans une interview aux Echos, ceux qui souhaitent faire du patronat un "outil de combat systématique", mettant en garde contre le risque de paralysie de la France et une montée du populisme. /Photo d'archives/REUTERS/Thomas Samson/Pool