L'accord sur Chypre peine à faire l'unanimité

lundi 25 mars 2013 23h31
 

par Jan Strupczewski et Michele Kambas

BRUXELLES (Reuters) - Chypre a accepté lundi de fermer l'une de ses deux plus grandes banques et d'imposer de lourdes pertes aux clients les plus fortunés de son système financier en échange d'un plan d'aide de 10 milliards d'euros censé lui éviter la faillite et une sortie de la zone euro mais l'efficacité du programme peine à convaincre.

Le compromis a été signé quelques heures seulement avant l'échéance fixée par la Banque centrale européenne qui menaçait de priver de liquidités les établissements bancaires chypriotes, donc de les contraindre au dépôt de bilan.

Prenant acte de l'accord, la BCE a finalement annoncé en fin de journée qu'elle continuerait d'apporter des liquidités d'urgence aux banques chypriotes.

L'accord a conclu une journée de négociations tendues à Bruxelles entre Nicos Anastasiades, le président chypriote, et les dirigeants de la "troïka" composée de la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Le texte, approuvé peu après par les ministres des Finances de la zone euro, prévoit le démantèlement de Popular Bank of Cyprus, dite Laïki, avec à la clé des milliers de suppressions d'emplois, et le transfert à Bank of Cyprus des dépôts inférieurs à 100.000 euros.

Les comptes dont le solde dépasse 100.000 euros seront gelés et utilisés pour payer des dettes de Laïki et pour recapitaliser Bank of Cyprus par le biais d'une conversion en capital.

Ces mesures devraient permettre de lever 4,2 milliards d'euros, a dit le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Un responsable européen a précisé qu'il n'y aurait pas de "taxe" à proprement parler imposée à l'ensemble des déposants chypriotes, même si la mise à contribution imposée aux comptes supérieurs à 100.000 euros est bien supérieure à ce qui était initialement prévu.   Suite...

 
La directrice générale du FMI Christine Lagarde, le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn (de gauche à droite), lundi à Bruxelles. Chypre, l'UE et le FMI ont trouvé lundi un accord de dernière minute qui impose la liquidation et la restructuration de la Popular Bank of Cyprus, deuxième banque de l'île, contre un plan d'aide de 10 milliards d'euros. /Photo prise le 25 mars 2013/REUTERS/Sébastien Pirlet