La baisse des ventes de Ford Europe complique son redressement

vendredi 22 mars 2013 08h14
 

par Deepa Seetharaman et Laurence Frost

DETROIT/PARIS (Reuters) - Les 6.200 suppressions de postes et les trois fermetures d'usines décidées en octobre par Ford, saluées à l'époque comme le signe de sa capacité d'anticipation, pourraient se révéler insuffisantes pour enrayer ses pertes sur le Vieux Continent, où la baisse de ses ventes s'accentue.

Moins de cinq mois après ces annonces, le numéro deux américain du secteur souffre en effet de sa volonté de réduire ses remises commerciales et, même s'il parvient à améliorer sa compétitivité, il risque d'avoir du mal à regagner le terrain perdu.

Ford affiche sur les trois derniers mois la plus forte baisse des ventes des constructeurs de masse, ce qui s'explique, selon des connaisseurs du secteur et des données non publiées, par l'arrêt de la politique de rabais lancée l'an dernier pour réduire les stocks.

Le constructeur a expliqué vouloir se retirer de "canaux non rentables", par exemple les ventes aux loueurs automobiles, même au risque de perdre des parts de marché.

"La part de marché est intéressante mais la part de marché ne paie pas les factures", a déclaré le directeur général de Ford Europe, Stephen Odell, lors du salon automobile de Genève au début du mois. "Il faut que l'activité soit rentable."

En annonçant la fermeture de son usine belge de Genk et de deux sites au Royaume-Uni, Ford a été le deuxième grand constructeur à s'attaquer de front aux surcapacités, trois mois après PSA Peugeot Citroën.

Le groupe américain a alors expliqué que la diminution de 18% de ses capacités lui permettrait de renouer avec la rentabilité d'ici le milieu de la décennie, à condition cependant de maintenir sa part de marché.

De nouvelles réductions de capacités pourraient intervenir si cette stratégie ne portait pas ses fruits, a-t-il prévenu.   Suite...

 
Les 6.200 suppressions de postes et les trois fermetures d'usines décidées en octobre par Ford, saluées à l'époque comme le signe de sa capacité d'anticipation, pourraient se révéler insuffisantes pour enrayer ses pertes sur le Vieux Continent, où la baisse de ses ventes s'accentue. /Photo prise le 19 mars 2013/REUTERS/Heinz-Peter Bader