L'économie française restera au point mort au 1er semestre

jeudi 21 mars 2013 22h21
 

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Stagnante depuis la mi-2011, l'économie française risque fort de rester au point mort au premier semestre et ne pourra renouer avec la croissance d'ici fin 2013 qu'à la faveur d'une amélioration de l'environnement global, estime l'Insee.

Et si une franche récession est exclue, ce surplace prolongé entraînera une nouvelle hausse du taux de chômage, qui se rapprocherait au début de l'été de ses plus hauts niveaux depuis près de 16 ans.

Dans sa dernière note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut revoit légèrement en baisse sa prévision de croissance pour le premier trimestre 2013, à 0% contre +0,1% anticipé en décembre, et confirme celle de 0,1% pour le deuxième trimestre.

"On reste sur plusieurs trimestres de dynamique très faible et on pense que ça va encore continuer sur le premier semestre", déclare Jean-François Ouvrard, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee.

Pour Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture, "le climat est dégradé, mais pas plus dégradé qu'il y a six mois", du fait notamment du socle de résistance apporté par le haut niveau des prestations sociales qui soutient le pouvoir d'achat des ménages.

Sur le front de l'emploi, l'Insee anticipe 74.000 suppressions de postes dans les secteurs marchands au premier semestre, avec un taux de chômage au sens du BIT qui atteindrait 10,6% fin juin en France métropolitaine (11,0% avec l'Outre-mer), tout près du record récent de 10,8% enregistré fin 1997.

MOTEURS À L'ARRÊT

L'institut tient compte dans cette prévision des premiers effets du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, un outil qui permet de facto de réduire le coût du travail et que les PME peuvent commencer à activer dès cette année sous forme d'avances de trésorerie, estimant qu'il permettra de sauver 15.000 postes sur la période.   Suite...

 
Stagnante depuis la mi-2011, l'économie française risque fort de rester au point mort au premier semestre et ne pourra renouer avec la croissance d'ici fin 2013 qu'à la faveur d'une amélioration de l'environnement global, estime l'Insee. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann