Chypre risque de devoir suivre la voie islandaise

mercredi 20 mars 2013 08h13
 

par Carmel Crimmins et Michele Kambas

DUBLIN/NICOSIE (Reuters) - Comme l'Islande et l'Irlande avant elle, Chypre va devoir se battre pour empêcher son secteur bancaire hypertrophié de mettre le pays à genoux après le rejet mardi soir par le parlement du projet de loi sur la taxation des comptes bancaires.

Quelle que soit la solution alternative inventée par Chypre pour remplacer cette taxation, le parallèle avec les expériences islandaise et irlandaise de ces dernières années montre que l'assainissement risque de se faire dans la souffrance.

Le gouvernement islandais a laissé ses banques faire défaut et introduit le contrôle des changes, ce qui a rendu plus difficile le financement de l'économie. L'Irlande a pour sa part nationalisé pratiquement toutes ses banques, ce qui a débuché sur un quadruplement de son endettement.

Les deux pays sont à nouveau en phase de croissance mais des problèmes de fond demeurent. Les particuliers des deux pays sont toujours noyés sous leur dette immobilière. En Irlande, le taux de chômage reste à 14% tandis que l'Islande hésite toujours à lever le contrôle des changes de crainte d'une fuite des capitaux étrangers.

Tout cela augure de difficultés pour Chypre dont les banques souffrent à la fois de leur forte exposition à la Grèce et à des fonds russes de provenance parfois douteuse.

Pour sauver ses banques et honorer les factures de l'Etat, Chypre a besoin de 17 milliards d'euros, soit près de l'équivalent de son produit intérieur brut (PIB) annuel. Dix milliards proviendraient d'un financement européen et le reste de la taxation des comptes bancaires.

Les dix milliards d'euros du renflouement chypriote, relativement faibles en valeur absolue par rapport aux plans de sauvetages grec et irlandais, respectivement de 240 et 67,5 milliards d'euros, apparaissent énormes pour une île d'un million d'habitants seulement. Cela en dit long sur ce qu'est devenu le secteur bancaire.

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Comme l'Islande et l'Irlande avant elle, Chypre va devoir se battre pour empêcher son secteur bancaire hypertrophié de mettre le pays à genoux après le rejet mardi soir par le parlement du projet de loi sur la taxation des comptes bancaires. /Photo prise le 19 mars 2013/REUTERS/Yiannis Nissiotis