Le Parlement chypriote rejette la taxe sur les comptes bancaires

mardi 19 mars 2013 21h29
 

par Michele Kambas et Karolina Tagaris

NICOSIE (Reuters) - Les députés chypriotes ont rejeté mardi soir à une très large majorité le projet de loi sur la taxation des comptes bancaires, remettant en question le déblocage d'une aide financière européenne de 10 milliards d'euros.

Face à la colère des épargnants, le gouvernement avait modifié son projet de loi, exonérant les dépôts inférieurs à 20.000 euros et prévoyant de taxer à 6,75% les sommes situées entre 20.000 et 100.000 euros et à 9,9% les comptes de plus de 100.000 euros.

Mais le Parlement, où aucun parti ne dispose de la majorité absolue, s'est prononcé contre le projet de loi par 36 voix contre et 19 abstentions (les députés du parti au pouvoir; le 56e député n'a pas pris part au vote).

A Francfort, la Banque centrale européenne (BCE), a "pris acte" de la décision du Parlement chypriote et souligné qu'elle était en contact avec ses partenaires de la troïka, l'UE et le FMI. Dans son communiqué, elle "réaffirme son engagement à apporter des liquidités si nécessaire et dans le cadre des règles existantes".

Dans la journée, le président chypriote Nicos Anastasiades avait lui-même prédit un rejet du texte, expliquant que les députés le jugeaient injuste et contraire aux intérêts chypriotes. "Mon sentiment est que la Chambre va rejeter le projet de loi", déclarait-il avant le débat, qui avait déjà été reporté deux fois depuis dimanche.

Il a fait savoir qu'il recevrait ce mercredi à 09h00 (07h00 GMT) les représentants des partis politiques pour examiner la marche à suivre.

UNE TAXE QUI BRISAIT UN TABOU

Le projet de taxe exceptionnelle sur les comptes bancaires chypriotes était une première dans l'histoire des plans d'assistance financière débloqués depuis trois ans pour les pays de la zone euro en difficulté.   Suite...

 
Devant le Parlement, à Nicosie. Le Parlement chypriote a rejeté mardi soir à une large majorité le projet de loi sur la taxation des comptes bancaires, condition du déblocage d'une aide financière internationale de 10 milliards d'euros. /Photo prise le 19 mars 2013/REUTERS/Yorgos Karahalis