Chypre pourrait adoucir la taxation des dépôts bancaires

lundi 18 mars 2013 18h20
 

par Michele Kambas

NICOSIE (Reuters) - Le gouvernement chypriote s'efforçait lundi d'assouplir le projet de taxation des dépôts bancaires prévu par le plan de sauvetage du pays, une disposition sans précédent en Europe qui suscite l'hostilité des Chypriotes et l'embarras de certains partenaires de Nicosie.

Alors que l'euro et les Bourses cédaient du terrain face à la menace d'un nouveau rebondissement de la crise de la dette, les responsables politiques et monétaires européens ont multiplié les déclarations rassurantes pour expliquer que le cas chypriote était exceptionnel et qu'il le resterait.

Le ministre français des Finances Pierre Moscovici a ainsi déclaré que le contexte chypriote n'était pas contagieux tandis que l'Elysée évoquait un cas "hyper-exceptionnel".

L'annonce ce week-end du projet de taxation de l'ensemble des sommes déposées dans les banques chypriotes, censé compléter une aide extérieure de 10 milliards d'euros, marque une rupture avec la pratique consistant à ne pas faire supporter aux épargnants le coût du renflouement des Etats.

Le parlement chypriote, qui devait se prononcer lundi après-midi sur le plan, a reporté sa réunion de 24 heures. Ce délai supplémentaire pourrait permettre au gouvernement de modifier le dispositif afin d'épargner partiellement ou totalement les comptes bancaires les plus modestes, ce qui passerait par une taxe alourdie sur les dépôts supérieurs à 100.000 euros.

Le plan initial prévoit de taxer à 6,7% les dépôts inférieurs à 100.000 euros et à 9,9% les dépôts au-dessus de ce seuil.

Une part importante de ces gros comptes est détenue par des ressortissants russes, dont Chypre est devenue une destination bancaire très prisée ces dernières années.

LES DÉPÔTS SOUS 20.000 EUROS EXONÉRÉS?   Suite...

 
Manifestation à Nicosie, au passage du président Nicos Anastasiades, contre le projet de taxation exceptionnelle des dépôts bancaires. Le gouvernement chypriote s'efforce d'adoucir autant que possible ce projet prévu par le plan de sauvetage du pays, une disposition sans précédent en Europe qui suscite l'hostilité des Chypriotes, l'embarras de certains partenaires de Nicosie et l'inquiétude des marchés. /Photo prise le 18 mars 2013/REUTERS/Yorgos Karahalis