La crise pas finie, la réforme patine en France, avertit la Buba

mardi 12 mars 2013 15h09
 

par Eva Kuehnen et Paul Carrel

FRANCFORT (Reuters) - La crise de la zone euro n'est pas finie et les gouvernements des différents Etats doivent s'attaquer à la racine du problème en mettant en oeuvre des réformes, a estimé mardi le président de la Bundesbank, s'inquiétant notamment de la situation en France.

"La crise n'est pas finie en dépit du calme récent observé sur les marchés financiers", a prévenu Jens Weidmann lors de la présentation du rapport annuel de la Bundesbank.

Il a fait état d'incertitudes entourant le processus de réformes en Italie et à Chypre, avant d'ajouter : "En France, le cours des réformes semble piétiner."

Jens Weidmann s'est ainsi fait l'écho de propos tenus le mois dernier par Jörg Asmussen, autre membre allemand du directoire de la BCE, qui a appelé Paris à prendre des mesures "concrètes et quantifiables" pour réduire son déficit budgétaire.

La banque centrale allemande, qui ne cache pas son désaccord avec les mesures prises par la Banque centrale européenne pour aider le secteur bancaire de la zone euro, a augmenté de 6,7 milliards d'euros ses provisions pour risque en 2012, les portant à 14,4 milliards.

Jens Weidmann, qui fait partie du conseil des gouverneurs de la BCE, n'est pas non plus favorable au programme OMT de rachat d'obligations souveraines en quantité illimitée que la BCE n'a pas eu à appliquer jusqu'ici.

Tout en jugeant que l'économie allemande est "structurellement en forme", il a estimé que "seule une partie de la confiance perdue à la suite de la crise a été retrouvée pour le moment".

"A court terme, nous sommes confrontés dans la zone euro à des risques d'inflation de moins en moins importants", a-t-il fait valoir en plaidant pour que la BCE ne laisse planer aucun doute sur l'orientation de "stabilité" à moyen terme de sa politique monétaire.   Suite...

 
Jens Weidmann, président de la Bundesbank, estime que la crise de la zone euro n'est pas finie et que les gouvernements des différents Etats, notamment la France, doivent s'attaquer à la racine du problème en mettant en oeuvre des réformes. /Photo prise le 12 mars 2012/REUTERS/Kai Pfaffenbach