L'Italie n'est pas un argument pour la BCE

jeudi 7 mars 2013 16h41
 

par Eva Kuehnen et Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - Les marchés se sont rapidement apaisés après les élections législatives italiennes et les risques de contagion ont été étouffés, a dit jeudi Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), laissant entendre que cette dernière n'était pas pressée de prendre la moindre initiative.

Le scrutin italien, caractérisé par un rejet massif des mesures d'austérité de la part de l'électorat, n'a pas produit de majorité suffisante pour former un gouvernement stable, avec tous les risques que cela peut comporter pour les réformes économiques et les mesures de réduction de la dette.

"Les marchés, passée une première excitation immédiatement après les élections, sont revenus plus ou moins à ce qu'ils étaient auparavant... Les marchés comprennent qu'on vit en démocratie", a déclaré le président Mario Draghi, lors de la traditionnelle conférence de presse suivant la décision de l'institut d'émission de ne pas modifier ses taux directeurs.

En cela, la BCE a imité la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon qui, toutes deux, n'ont également pas touché à leurs taux déjà très bas.

"(...) La contagion à d'autres pays a été étouffée cette fois, contrairement à ce qui aurait pu se produire il y a un an et demi environ; voici là encore un signe positif", a ajouté Mario Draghi.

La BCE a largement apaisé la situation en zone euro en s'engageant à l'automne dernier à racheter des obligations souveraines en quantité illimitée, à la condition toutefois que le pays concerné ait au préalable sollicité l'aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) et ait accepté une cure d'austérité.

Ce programme, dit d'Opérations monétaires sur titres (OMT), n'a pas encore été sollicité et l'Italie risque de se retrouver en marge de celui-ci si elle ne dispose pas d'un gouvernement prêt à accepter les conditions de la BCE.

"Les OMT restent, sont en place. C'est un appui très efficace et il est bien là; mais vous connaissez les règles", a encore dit Mario Draghi.   Suite...

 
Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi. La BCE a réduit jeudi ses prévisions de croissance de la zone euro pour cette année et la suivante, mais ses estimations d'inflation varient peu. Selon Mario Draghi, les marchés se sont rapidement apaisés après les élections législatives italiennes et les risques de contagion ont été étouffés, ce qui laisse entendre que la BCE n'est pas pressée de prendre la moindre initiative. /Photo prise le 7 mars 2013/REUTERS/Kai Pfaffenbach