Le nucléaire britannique s'entrouvre aux Chinois

mercredi 27 février 2013 19h46
 

par Karolin Schaps et Lorraine Turner

LONDRES (Reuters) - Le Royaume-Uni pourrait bientôt accueillir des financements chinois pour renouveler son parc nucléaire vieillissant, face au retrait complet des acteurs britanniques du secteur, alors que Londres estime à 200 milliards de livres (230 milliards d'euros) les investissements énergétiques nécessaires d'ici 2020.

Le français EDF, devenu en 2008 l'acteur dominant du nucléaire britannique avec le rachat de British Energy, a confirmé en janvier qu'il menait des discussions avec China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC), afin de construire les premiers réacteurs au Royaume-Uni depuis les années 1990.

La participation de CGNPC est devenue encore plus probable quand Centrica, dernier groupe britannique du secteur, a annoncé qu'il n'exercerait pas son option lui permettant de prendre une part de 20% dans quatre nouveaux réacteurs, aux côtés d'EDF.

Le secteur nucléaire britannique a aussi subi le retrait des allemands RWE et E.ON, qui ont vendu l'an dernier leur projet Horizon au japonais Hitachi. Berlin a décidé de sortir entièrement de l'énergie atomique d'ici 2022, à la suite de l'accident de la centrale japonaise de Fukushima, en mars 2011.

La Chine compte à l'inverse élever sa capacité de production nucléaire à 42 gigawatts (GW) d'ici 2015, soit plus de trois fois son niveau actuel.

HOSTILITÉ DES ÉTATS-UNIS

Mis à part Hitachi et EDF, qui fait par ailleurs face à une hausse imprévue de ses coûts dans la construction de la centrale française de Flamanville, le nucléaire britannique ne peut sur le moment compter que sur un projet commun de GDF Suez et de l'espagnol Iberdrola.

L'entrée éventuelle de groupes chinois dans le nucléaire est toutefois accueillie avec méfiance par plusieurs responsables politiques britannique, notamment du Parti conservateur, dont est issu le Premier ministre David Cameron.   Suite...

 
Le Royaume-Uni pourrait bientôt accueillir des financements chinois pour renouveler son parc nucléaire vieillissant, face au retrait complet des acteurs britanniques du secteur, alors que Londres estime à 200 milliards de livres (230 milliards d'euros) les investissements énergétiques nécessaires d'ici 2020. /Photo d'archives/REUTERS/Stefan Wermuth