Le coût de l'immobilier en France freine la compétitivité

mardi 26 février 2013 13h11
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le coût du logement et de l'immobilier en général est devenu en France un frein à la compétitivité, notamment en comparaison de l'Allemagne, mais il ne sera pas simple d'y remédier, jugent à l'unisson économistes et experts interrogés par Reuters.

La France est le pays de l'Union européenne où les prix du logement ont le plus augmenté en termes réels après un trou d'air en 2007-2008, remarque la Commission européenne dans le bilan qu'elle dressait en mai 2012 de la situation française.

Les prix immobiliers y ont ainsi doublé entre 1996 et 2012, précisent les économistes Alain Trannoy et Etienne Wasmer dans une note pour le Conseil d'analyse économique (CAE) français.

Leur repli depuis un an reste limité, malgré la dégradation du contexte économique et l'effondrement des transactions, complète Laurent Quignon, de BNP-Paribas.

Selon l'institut européen de statistiques Eurostat, le coût du logement - eau, gaz et électricité compris - représente en moyenne un quart de la consommation des ménages français, à peine plus en proportion que pour les Allemands (24,6%).

Mais ces chiffres dissimulent de profondes disparités, à la fois entre les populations et dans un même pays - en France, la part des dépenses de logement peut ainsi grimper jusqu'à 40% de la consommation des ménages les plus modestes.

Selon Alain Trannoy et Etienne Wasmer, les logements sont en moyenne 40% à 60% plus chers à l'achat en France qu'en Allemagne et les loyers 10% à 20% plus élevés, malgré un parc social deux fois plus important du côté français.

Cette inflation immobilière a contribué à dégrader la compétitivité des entreprises françaises en pesant sur leurs coûts, constatent les auteurs du Rapport économique, social et financier (RESF) annexé à la loi de finances 2013.   Suite...

 
Selon des économistes et des experts interrogés par Reuters, le coût du logement et de l'immobilier en général est devenu en France un frein à la compétitivité, notamment en comparaison de l'Allemagne, mais il ne sera pas simple d'y remédier. /Photo d'archives/REUTERS/Kevin Coombs