Dexia affiche une deuxième année de lourdes pertes

jeudi 21 février 2013 08h59
 

BRUXELLES (Reuters) - Le groupe Dexia, en cours de démantèlement après sa quasi-nationalisation par les Etats français et belge, a publié jeudi une deuxième lourde perte annuelle consécutive, conséquence de cessions d'actifs décotés, de dépréciations et de la hausse de ses coûts de financement.

Le groupe, dont le capital est détenu à 96% par la France et la Belgique et qui a cessé toute activité de prêt, affiche au titre de 2012 une perte nette de 2,9 milliards d'euros après une perte de 11,6 milliards l'année précédente.

L'ex-numéro un mondial du financement des collectivités locales a quasiment perdu toute sa valeur boursière: son action a terminé mercredi à 0,05 euro alors qu'elle avait culminé à 22,57 euros en mai 2007 et son flottant ne dépasse pas 2%.

Ses résultats financiers restent toutefois importants car la France, la Belgique et dans une moindre mesure le Luxembourg continuent de garantir ses emprunts et pourraient devoir assumer une partie de ses pertes, au risque de plomber leur propre déficit.

En 2012, Dexia a notamment subi des pertes sur la cession de sa filiale turque DenizBank, reprise par le groupe russe Sberbank, de sa filiale luxembourgeoise de banque privée et sur son activité de financement public en France, toutes cédées à des prix inférieurs à la valeur inscrite au bilan.

Elle a aussi dû débourser 743 millions d'euros de commissions liées aux garanties apportées par les Etats, qui représentent encore 66 milliards d'euros selon les données publiées par les banques centrales.

Ces garanties sont plafonnées à 85 milliards par l'accord de sauvetage conclu en novembre avec la France et la Belgique.

Dexia a progressivement réduit la taille de son bilan depuis le premier des trois plans de renflouement engagés pour la sauver de la faillite: alors qu'il représentait 651 milliards d'euros fin 2008, il est revenu à 357 milliards fin 2012, soit 56 milliards d'euros de moins qu'un an auparavant.

Au quatrième trimestre de l'an dernier, Dexia a essuyé une perte de 475 millions d'euros, contre 1,225 milliard sur juillet-septembre.

Philip Blenkinsop, Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame

 
Le groupe Dexia, en cours de démantèlement après sa quasi-nationalisation par les Etats français et belge, affiche une deuxième lourde perte annuelle consécutive, conséquence de cessions d'actifs décotés, de dépréciations et de la hausse de ses coûts de financement. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge