20 février 2013 / 07:03 / dans 5 ans

France Télécom ne voit pas la guerre des prix faiblir en 2013

Le PDG de France Télécom, Stéphane Richard. Le groupe publie un chiffre d'affaires et un bénéfice en recul au quatrième trimestre, toujours pénalisé par l'entrée il y a plus d'un an du quatrième opérateur mobile, Free, filiale d'Iliad, sur le marché français. /Photo prise le 20 février 2013/ REUTERS/Charles Platiau

par Catherine Monin

PARIS (Reuters) - France Télécom a souffert en 2012 de la concurrence féroce liée à l‘irruption sur le marché français de l‘opérateur mobile Free, filiale d‘Iliad et s‘attend à ce que la guerre des prix se poursuive en 2013.

Conséquence de l‘arrivée du quatrième entrant, qui a contraint l‘ensemble des opérateurs à s‘aligner sur sa stratégie de prix bas, France Télécom a vu son revenu moyen par abonné mobile (Arpu) reculer de 10% l‘année dernière à 336 euros.

“Nous allons probablement connaître une nouvelle baisse d‘au moins 10% de l‘Arpu cette année”, a déclaré le PDG de France Télécom Stéphane Richard, lors d‘une conférence de presse.

De son côté, le directeur financier Gervais Pellissier a reconnu que “la pression sur les prix va sans doute être plus forte en 2013 que nous ne l‘avions anticipé au troisième trimestre”.

En dépit d‘une perte massive de clients observée en début d‘année vers Free, dont la part de marché atteignait 6,4% à la fin du troisième trimestre, l‘érosion du nombre d‘abonnés en téléphonie mobile s‘est toutefois stabilisée fin 2012 par rapport à fin 2011 grâce à un ajustement des prix opéré par France Télécom.

MAÎTRISE DES COÛTS

Mais dans ce contexte ultra-concurrentiel, France Télécom “n‘a pas d‘autre choix” que de poursuivre la “réduction de sa base de coût”, a souligné le PDG, qui prévoit malgré tout un cash flow opérationnel supérieur à 7 milliards d‘euros en 2013 après avoir tenu l‘objectif de 2012 à environ 8 milliards d‘euros.

Dans cette optique, France Télécom a pris des mesures sur l‘emploi qui lui ont déjà permis d‘économiser 174 millions d‘euros de coûts salariaux en 2012.

En Pologne, où sa filiale TPSA pâtit de la faiblesse du marché, France Télécom supprimera 1.700 emplois et réduira les points de vente.

Le groupe continuera cependant à “investir massivement”, a assuré Stéphane Richard, afin de lutter contre le cycle déflationniste qui touche le secteur et retrouver de la valeur.

“Cette année sera celle du décollage de la fibre avec un doublement de la base client et du déploiement du réseau 4G dans 15 villes de France”, a déclaré Stéphane Richard.

Actuellement seules quatre villes françaises (Marseille, Lyon, Lille, Nantes) sont couvertes par ce réseau mobile de dernière génération qui permet d‘acheminer des débits jusqu‘à dix fois supérieurs à ceux des réseaux actuels.

POLITIQUE D‘ACQUISITION SÉLECTIVE

France Télécom devrait s‘en tenir cette année à une politique d‘acquisition très sélective, centrée sur la consolidation du marché et envisage avec Deutsche Telekom l‘entrée en Bourse d‘une partie du capital de leur coentreprise britannique Everything Everywhere.

“Cette opération, qui pourrait avoir lieu fin 2013 ou début 2014, dépendra des performances d‘Everything Everywhere au premier semestre et des conditions du marché britannique”, a expliqué Gervais Pellissier.

“Nous n‘avons pas besoin de dégager de cash supplémentaire dans l‘immédiat, donc cette opération doit avant tout servir à valoriser cet actif.”

Au total, le chiffre d‘affaires consolidé a atteint 43,515 milliards d‘euros et l‘Ebitda s‘est élevé à 13,78 milliards, conformément aux attentes du consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

France Télécom, quatrième opérateur d‘Europe, a par ailleurs confirmé un dividende de 0,80 euro par action au titre des exercices 2012 et 2013, avec un objectif de ratio de dette sur Ebitda proche de 2 à la fin 2014, contre 2,17 fin 2012.

A la Bourse de Paris - où le marché a salué en matinée “des résultats 2012 conformes aux attentes et le maintien des objectifs pour cette année”, selon l‘analyste Nick Brown, d‘Espirito Santo -, le titre France Télécom reculait de 2,25% à 7,5 euros à 15h25.

Il sous-performait l‘indice CAC 40 (-0,2%) et l‘indice sectoriel des télécoms européens (-1,07%), pâtissant comme ses concurrents des modalités de l‘augmentation de capital de l‘opérateur néerlandais KPN.

Avec Leila Abboud, édité par Dominique Rodriguez

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