Mario Draghi minimise le risque de "guerre des monnaies"

lundi 18 février 2013 18h55
 

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, s'est efforcé lundi d'apaiser le débat en cours sur les risques de "guerre des monnaies", tout en expliquant que la BCE n'avait pas encore mesuré l'impact économique de l'appréciation de l'euro.

Ce dernier a touché un plus haut de 15 mois face au dollar au début du mois, une évolution qui a compliqué la tâche de la BCE en pesant sur la croissance et en alimentant les spéculations selon lesquelles la banque centrale serait obligée de prendre de nouvelles mesures de soutien à l'économie, même si certains de ses membres y sont opposés.

Lors de son audition trimestrielle devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Mario Draghi a déclaré s'attendre à une reprise progressive dans la zone euro au cours des prochains mois mais il a souligné l'importance du taux de change de l'euro pour la croissance et pour les prix, précisant qu'il pourrait faire baisser exagérément l'inflation.

"Nous devrons analyser dans nos prochaines projections si le taux de change a eu un impact sur notre profil inflationniste, car c'est toujours à travers la stabilité des prix que nous traitons de questions comme celle-là", a ajouté Mario Draghi.

Le G20 a conclu samedi une réunion à Moscou en promettant de ne pas s'engager dans une "guerre des monnaies", tout en se gardant de critiquer la politique de relance du Japon qui a fait chuter le yen de 20% et suscité les protestations de ses rivaux commerciaux.

Alors que la Banque du Japon et la Réserve fédérale américaine poursuivent des politiques monétaires ultra-accommodantes, la BCE commence à démanteler progressivement certains des mécanismes mis en place depuis la crise financière, une divergence qui a également contribué à faire monter l'euro.

"La plupart des mouvements que nous avons vus sur les taux de change n'étaient pas ciblés explicitement, ils résultaient de politiques macroéconomiques nationales destinées à renforcer l'économie", a-t-il expliqué.

L'INFLATION DEVRAIT REVENIR SOUS 2%   Suite...

 
Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a déclaré lundi que le taux de change de l'euro ne faisait pas partie des objectifs de politique monétaire de la BCE, qui prendra néanmoins en compte un risque baissier sur l'inflation. /Photo prise le 18 février 2013/REUTERS/Eric Vidal