18 février 2013 / 10:30 / il y a 5 ans

Un accord de libre-échange UE/USA semble concevable

par Alan Wheatley

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, partisan de l'ouverture de négociations de libre-échange avec les Etats-Unis. Selon des experts, les négociations prévues d'ici juin bénéficieront de conditions particulièrement favorables, après l'échec de plusieurs pourparlers au cours des vingt dernières années, en raison notamment d'un blocage de la France en 1998. /Photo prise le 8 février 2013/REUTERS/François Lenoir

LONDRES (Reuters) - Les négociations entre les Etats-Unis et l‘Union européenne (UE) sur l‘établissement d‘un accord de libre-échange, annoncées la semaine dernière et prévues d‘ici juin, bénéficieront de conditions particulièrement favorables, après l‘échec de plusieurs pourparlers au cours des vingt dernières années.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, le président américain Barack Obama, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy recommandent l‘ouverture de négociations en vue d‘un accord élargi sur le commerce et les investissements.

Un projet d‘accord transatlantique de ce type a été bloqué par la France en 1998, par crainte de devoir baisser les taxes sur les produits agricoles. Quelques années plus tard, le cycle de négociations sur le commerce de Doha, entamé en 2001, a de nouveau été un échec.

Le commerce agricole demeure le principal point d‘achoppement entre l‘UE et les Etats-Unis, les restrictions européennes sur les OGM ou le boeuf nourri aux hormones étant par exemple bien plus sévères, mais le secteur a perdu de son importance dans les échanges entre les deux puissances.

Depuis deux ans, le marché mondial des produits agricoles a connu une diversification qui a atténué l‘aspect bilatéral du commerce en la matière entre les Etats-Unis et l‘UE.

Les subventions à l‘agriculture restent cependant les plus importantes dans le budget européen 2014-2020, difficilement approuvé à l‘issue du sommet tenu au début du mois entre chefs d‘Etat et de gouvernement de l‘Union.

Selon Fredrik Erixon, directeur de l‘European Centre for International Political Economy (Ecipe), un centre de réflexion basé à Bruxelles, la Commission européenne pourrait mettre à profit les pourparlers avec les Etats-Unis pour plaider sur le plan intérieur en faveur d‘une libéralisation économique plus importante .

NOUVEAUX STANDARDS

“On se rendra bien mieux compte qu‘il est impossible de parvenir à un accord susceptible d‘offrir des gains économiques à court et moyen terme, ou des gains dynamiques à long terme, à moins d‘être prêts à engager des réformes en faveur de l‘offre”, juge-t-il.

Simon Evenett, spécialiste du commerce international à l‘université suisse de Saint-Gall, estime qu‘un accord historique de libre-échange entre l‘UE et les Etats-Unis permettrait de redéfinir à l‘échelle mondiale, en particulier auprès de la Chine, les standards des réglementations commerciales.

Des règles communes de sécurité sur les automobiles pourraient ainsi réduire leurs coûts de fabrication, et permettre ainsi une baisse des prix à la consommation.

“Les bénéfices d‘une réforme du commerce sont un peu comme ceux de l‘exercice physique - on ne les sent pas tout de suite et le plus souvent, on a d‘abord mal”, prévient cependant Simon Evenett.

Richard Baldwin, chercheur en économie internationale à Genève, souligne que l‘UE sera probablement plus ouverte lors des négociations sur le libre-échange, par crainte de se voir marginalisée, alors que les Etats-Unis négocient avec leurs partenaires asiatiques et océaniens l‘extension d‘un autre traité, l‘Accord de partenariat trans-pacifique (TPP).

Le TPP a notamment établi des règles en matière de mouvement de capitaux, de droits d‘auteur, de concurrence et d‘investissements étrangers.

“Si le TPP est le seul point de référence, la multilatéralisation des règles se fera à partir de celles de ce traité, qui sont principalement rédigées par les Etats-Unis”, dit Richard Baldwin.

“Ces règles ne sont pas particulièrement hostiles à l‘UE, mais elles sont bien sûr conçues pour favoriser les entreprises américaines, et non les modèles et les conventions des sociétés européennes.”

Julien Dury pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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