Le chèque de départ du président de Novartis critiqué

dimanche 17 février 2013 18h23
 

par Silke Koltrowitz

ZURICH (Reuters) - La décision du géant suisse de la pharmacie Novartis de verser jusqu'à 72 millions de francs (58,5 millions d'euros) à son président, Daniel Vasella, après son prochain départ du groupe suscite l'indignation chez certains actionnaires et au sein du milieu politique.

Daniel Vasella doit recevoir cette indemnité de départ au rythme de 12 millions de francs par an s'il respecte les clauses de non-concurrence de son contrat.

"Cette mentalité consistant à se servir d'abord sape la confiance dans l'économie toute entière. Cela va faire beaucoup de mal à la cohésion sociale de notre pays", a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga au quotidien Sonntagsblick.

Daniel Vasella, président de Novartis depuis 1999 et PDG de 1999 à 2010, a confirmé vendredi les modalités financières de son prochain départ après leur publication par le site d'information insideparadeplatz.ch.

Il a expliqué dans un communiqué que Novartis lui verserait un montant maximal de 72 millions de francs s'il renonçait à faire profiter des concurrents du groupe de son expérience et de son savoir-faire, en précisant qu'il avait l'intention de reverser ces sommes - nettes d'impôt - à des organisations caritatives.

Un porte-parole de Novartis a déclaré que Daniel Vasella n'avait pas l'intention de s'exprimer davantage sur le sujet avant l'assemblée générale du groupe prévue vendredi à Bâle.

Mais sans attendre, plusieurs associations d'actionnaires ont critiqué le projet. "C'est un scandale", a déclaré à Reuters Rony Tschopp, de l'association Actares. "Tout ce que nous pouvons faire, c'est essayer de motiver autant d'actionnaires que possible pour refuser de voter la décharge du conseil d'administration vendredi."

Il a toutefois reconnu qu'il était improbable qu'une majorité d'actionnaires refuse d'approuver l'action du conseil, les informations sur les indemnités de non-concurrence de Daniel Vasella ayant été rendues publiques trop tard pour être prises en compte par certains grands investisseurs.   Suite...

 
La décision du géant suisse de la pharmacie Novartis de verser jusqu'à 72 millions de francs (58,5 millions d'euros) à son président, Daniel Vasella, après son prochain départ du groupe suscite l'indignation chez certains actionnaires et au sein du milieu politique. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann