Le G20 exclut une "guerre des monnaies", la dette divise

samedi 16 février 2013 14h40
 

par Gernot Heller et Maya Dyakina

MOSCOU (Reuters) - Le G20 a conclu sa réunion samedi à Moscou en promettant de ne pas s'engager dans une "guerre des monnaies" et a remis à plus tard l'adoption de nouveaux objectifs de réduction de la dette en raison de la conjoncture économique mondiale toujours fragile.

Les ministres du G20 se gardent dans leur communiqué final de critiquer la politique de relance du Japon, qui a fait chuter le yen de 20% et suscité les protestations de ses rivaux commerciaux.

A l'issue de nouvelles négociations vendredi soir, ils se sont néanmoins entendus pour intégrer dans le texte final un engagement à ne pas procéder à des dévaluations compétitives de leurs monnaies et à ne pas déterminer de cibles pour les taux de change.

"Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives", peut-on lire samedi dans le communiqué.

"Un changement de politique monétaire dans un pays a des conséquences sur les autres pays", a dit le ministre russe des Finances, Anton Silouanov. Il doit y avoir compétition entre les économies, pas entre les monnaies, a-t-il poursuivi, "c'est ce que les gouvernements doivent faire, et non manipuler les marchés des changes."

Jugeant exagéré d'évoquer une guerre des monnaies, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a salué "la bonne nouvelle" de voir le G20 répondre à la situation en empruntant la voie "de la coopération et non celle du conflit".

L'engagement du G7 à refuser les dévaluations compétitives, qui met implicitement le Japon en porte-à-faux, ne devait initialement pas figurer dans le communiqué du G20 en raison, notamment, des réticences exprimées par la Chine.

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Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20, samedi à Moscou. Le communiqué final du G20 confirme samedi l'engagement à ne pas pratiquer de dévaluation compétitive qui figurait dans le projet de texte rédigé à l'issue des négociations des ministres des Finances vendredi soir dans la capitale russe. /Photo prise le 16 février 2013/REUTERS/Sergei Karpukhin