Le G20 exclut une "guerre des monnaies", la dette divise

samedi 16 février 2013 09h56
 

par Gernot Heller et Maya Dyakina

MOSCOU (Reuters) - Le G20 a promis samedi de ne pas s'engager dans une "guerre des monnaies" et remis à plus tard l'adoption de nouveaux objectifs de réduction de la dette en raison de la conjoncture économique mondiale toujours fragile.

Les ministres du G20 rassemblés à Moscou se gardent dans leur communiqué de critiquer la politique de relance du Japon, qui a fait chuter le yen de 20% et suscité des protestations de ses rivaux commerciaux.

A l'issue de nouvelles négociations vendredi soir, ils se sont néanmoins entendus pour intégrer dans le texte final un engagement à ne pas procéder à des dévaluations compétitives de leurs monnaies et à ne pas déterminer de cibles pour les taux de change.

"Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives", peut-on lire dans ce communiqué amendé auquel Reuters a eu accès.

Cet engagement du G7, qui met implicitement le Japon en porte-à-faux, ne devait initialement pas figurer dans le communiqué du G20 en raison, notamment, des réticences exprimées par la Chine.

"La formulation a été renforcée après nos discussions hier soir (vendredi)", a souligné le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty. "Le texte est plus fort qu'à l'origine, mais il était évident que tous ceux qui étaient autour de la table voulaient éviter toute forme de dispute monétaire."

"Nous avons abordé la question des changes avec un refus commun d'entrer dans une guerre des monnaies", a renchéri le ministre français de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici.

"Nous souhaitons que l'approche sur la question des changes se passe de façon coopérative (...) en excluant les stratégies de dévaluation agressives", a-t-il ajouté. "C'est pour cela que nous sommes tombés d'accord pour dire que ce sont les marchés qui doivent fixer les taux de change."   Suite...

 
Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 réunis à Moscou ont promis samedi de ne pas s'engager dans une "guerre des monnaies" et remis à plus tard l'adoption de nouveaux objectifs de réduction de la dette en raison de la conjoncture économique mondiale toujours fragile. /Photo prise le 15 février 2013/REUTERS/Maxim Shemetov