La France peu entendue à l'Eurogroupe sur une action sur l'euro

lundi 11 février 2013 22h21
 

par Robin Emmott et Leigh Thomas

BRUXELLES (Reuters) - La France a réclamé lundi une action coordonnée des grandes puissances économiques pour parer aux effets induits par la vigueur de l'euro mais les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) estiment dans l'ensemble qu'il revient au marché de décider de sa valeur.

Le président François Hollande estimait la semaine dernière que l'Europe devait se fixer un objectif à moyen terme pour le niveau de l'euro afin de prévenir des mouvements "irrationnels" telle que la hausse actuelle de la monnaie unique qui, selon lui, menace la reprise économique de la zone euro.

Le ministre des Finances Pierre Moscovici a porté le même message lundi à Bruxelles, estimant qu'il fallait "agir fortement à l'échelle internationale pour la stabilité", sans, apparemment, faire beaucoup d'émules.

"(...) et ensuite tous les instruments peuvent être utilisés mais de manière coordonnée", a ajouté Pierre Moscovici.

L'Eurogroupe, par la voix de son président, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, juge lui que le dossier doit être abordé par les grands argentiers du Groupe des Vingt (G20), réunis à Moscou vendredi et samedi prochains.

Prié de dire quelle forme pourrait prendre une action sur les taux de change, Pierre Moscovici a dit qu'il n'était pas question de faire pression sur la Banque centrale européenne (BCE) ou d'appeler à une guerre des monnaies.

Le renforcement de l'euro est source de tension entre la France et l'Allemagne, Berlin se refusant à toute ingérence gouvernementale dans la gestion des taux de change.

Depuis son plus bas de 1,21 dollar inscrit en juillet 2012, l'euro a regagné autour de 13% contre le dollar. Il s'est toutefois quelque peu replié depuis que le président de la BCE Mario Draghi a déclaré jeudi dernier que l'institut d'émission surveillerait l'impact de la hausse de la monnaie unique, même si le taux de change n'était pas un objectif de la politique monétaire.   Suite...

 
Le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden, son homologue néerlandais et président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et la directrice générale du FMI Christine Lagarde, lundi à Bruxelles. Si les taux de change de l'euro ont été l'un des sujets de discussion de l'Eurogroupe lundi, son président Jeroen Dijsselbloem estime toutefois que ce sujet est davantage du ressort du Groupe des Vingt (G20), dont les grands argentiers se réuniront cette semaine à Moscou. /Photo prise le 11 février 2013/REUTERS/François Lenoir