L'enquête se focalise sur un intermédiaire dans l'affaire Saipem

vendredi 8 février 2013 20h35
 

par Stephen Jewkes et Manuela Badawy

(Reuters) - Les perquisitions menées jeudi chez l'administrateur délégué de l'Eni, Paolo Scaroni, ont pour origine une rencontre qu'il a eue avec un intermédiaire français soupçonné d'avoir distribué des pots-de-vin pour obtenir des contrats en Algérie pour Saipem, filiale de l'Eni au centre d'une affaire de corruption.

L'Eni, le plus grand groupe coté en Italie, est le principal exploitant étranger dans le secteur de l'énergie en Algérie, d'où la Péninsule importe 30% de son gaz.

La justice enquête sur huit contrats remportés entre 2007 et 2009 par Saipem, le numéro un européen des services pétroliers détenu à 43% par l'Eni. Le parquet de Milan a ouvert jeudi une enquête pour "corruption internationale" visant Paolo Scaroni, dont le domicile et les bureaux ont été perquisitionnés.

Le patron de l'Eni a reconnu avoir rencontré fugitivement Farid Noureddine Bedjaoui, un Français né en Algérie qui selon le mandat de perquisition dit avoir versé 198 millions d'euros de dessous-de-table à la compagnie nationale algérienne Sonatrach pour obtenir des contrats d'un montant total de 11 milliards de dollars (8,2 milliards d'euros). Paolo Scaroni lui-même n'est pas accusé de malversation.

RENCONTRE FURTIVE À PARIS

D'après le parquet de Milan, les pots-de-vin ont été payés par des filiales de Saipem à une société appelée Pearl Partners Limited, basée à Hong Kong et dont Bedjaoui a bénéficié.

Toujours selon l'enquête, Scaroni, avec le directeur de l'Eni pour l'Afrique du Nord, Antonio Vella, aurait rencontré Bedjaoui et l'ex-ministre algérien de l'Energie Chekib Khelil dans un hôtel parisien.

"La rencontre visait à obtenir un ordre (...) pour accroître la profitabilité du gisement de Menzel Ledjemet Est (MLE)", lit-on dans le mandat de perquisition.   Suite...

 
Les perquisitions menées jeudi chez l'administrateur délégué de l'Eni, Paolo Scaroni, ont pour origine une rencontre qu'il a eue avec un intermédiaire français soupçonné d'avoir distribué des pots-de-vin pour obtenir des contrats en Algérie pour Saipem, filiale de l'Eni au centre d'une affaire de corruption. /Photo prise le 8 février 2013/REUTERS/Alessandro Bianchi