La BCE surveillera l'impact de l'appréciation de l'euro

jeudi 7 février 2013 18h23
 

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) surveillera l'impact de la hausse de la monnaie unique sur l'économie de la zone euro mais le taux de change n'est pas un objectif de la politique monétaire et son appréciation est un signe de retour de la confiance, a dit jeudi son président.

La BCE a maintenu comme prévu son taux de refinancement au plus bas record de 0,75% à l'issue de son Conseil des gouverneurs et Mario Draghi a souligné, lors de sa traditionnelle conférence de presse, que l'euro était proche de sa moyenne de long terme.

"L'appréciation est, dans un sens, un signe du retour de la confiance dans l'euro", a-t-il ajouté. "Le taux de change n'est pas un objectif de politique (monétaire) mais il est important pour la croissance et la stabilité des prix et nous voulons certainement voir si l'appréciation se poursuit et dans quelle mesure cela pourra modifier notre évaluation du risque concernant la stabilité des prix".

La monnaie unique évolue à un pic de 14 mois face au dollar et à un sommet de 30 mois contre yen, niveaux qui ont conduit le président français François Hollande à appeler mardi de ses voeux une politique de taux de change pour protéger la devise de "mouvements irrationnels". Les autorités allemandes ont de leur côté fait savoir qu'elles ne jugeaient pas l'euro surévalué.

"Depuis le dernier conseil de politique monétaire, le taux de change de l'euro s'est apprécié et les taux à court terme se sont tendus, ce que la BCE ne peut complètement ignorer", a souligné Jürgen Michels, économiste chez Citi.

La BCE n'a pas de mandat pour fixer un niveau de taux de change de l'euro. Même si elle le souhaitait, elle ne serait donc guère équipée pour entrer dans une "guerre des changes" où des pays tenteraient d'exporter la crise chez leurs partenaires par une politique active de dépréciation de leur monnaie.

De plus, le bilan de la banque centrale européenne se contracte en partie sous l'effet du remboursement partiel par les banques des opérations de refinancement à très long terme consenties fin 2011 et début 2012 au moment où les autres grandes banques centrales maintiennent voire accentuent leur politique d'achats massifs d'actifs.

Cette divergence de dynamique est susceptible de favoriser encore l'appréciation de l'euro alors que l'activité au sein de la zone euro reste faible et que la BCE n'anticipe qu'une reprise graduelle dans le courant de l'année.   Suite...

 
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a déclaré que l'institution surveillerait l'impact de la hausse de la monnaie unique sur l'économie de la zone euro mais que le taux de change n'était pas un objectif de la politique monétaire et que son appréciation était un signe de retour de la confiance. /Photo prise le 7 février 2013/REUTERS/Lisi Niesner