Washington accuse S&P de fraude et réclame plus de 5 milliards

mardi 5 février 2013 19h23
 

par Aruna Viswanatha

WASHINGTON (Reuters) - Washington accuse Standard & Poor's d'avoir trompé les investisseurs, leur infligeant ainsi de lourdes pertes financières, et lui réclame plus de cinq milliards de dollars de dommages et intérêts, dans le cadre d'une des procédures liées à la crise financière parmi les plus lourdes qui aient été ouvertes.

Le département de la Justice estime que S&P a régulièrement trompé les investisseurs en affirmant que ses notations étaient indépendantes et exemptes de conflits d'intérêts, alors même que ses analystes ont négligé les risques liés aux valeurs mobilières adossées à des créances hypothécaires (MBS) afin de s'assurer la clientèle des banques d'investissement qui les émettaient.

La plainte de 119 pages déposée lundi soir au tribunal fédéral de Los Angeles est la première du gouvernement fédéral à l'encontre d'une agence de notation. Les agences n'ont cessé d'invoquer le Premier Amendement de la Constitution des Etats-Unis qui protège la liberté d'expression afin de dégager leur responsabilité.

La plainte ne touche aucune personne physique et on ne sait pas encore pourquoi Washington concentre le feu sur S&P, filiale de McGraw-Hill, et pas sur les concurrentes Moody's Investors Service, filiale de Moody's, et Fitch Ratings, filiale de Fimalac.

S&P a dit mercredi que cette plainte était sans objet et qu'elle comptait se défendre avec la dernière énergie.

L'action McGraw-Hill perdait 5,4% à la mi-journée, aggravant encore ses pertes de la veille.

Floyd Abrams, un des avocats de S&P, estime que Washington aura toutes les peines du monde à prouver que l'agence a intentionnellement faussé ses propres ratings. Il observe également que l'opinion de l'agence sur les produits financiers liés au marché immobilier ne variait guère de celle des autorités monétaires qui, elles non plus, n'avaient rien vu venir.

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Washington accuse Standard & Poor's d'avoir trompé les investisseurs, leur infligeant ainsi de lourdes pertes financières, et lui réclame plus de cinq milliards de dollars de dommages et intérêts, dans le cadre d'une des procédures liées à la crise financière parmi les plus lourdes qui aient été ouvertes. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau