Hollande veut concilier économies et croissance pour l'UE

mardi 5 février 2013 17h04
 

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - François Hollande a exhorté mardi ses partenaires européens à ne pas réclamer des coupes trop importantes dans le budget européen 2014-2020, ce qui risquerait selon lui de torpiller les chances de compromis jeudi et vendredi au sommet de Bruxelles.

"Un compromis est possible mais il doit être raisonnable et donc il va falloir raisonner ceux qui veulent amputer le budget européen au-delà de ce qu'il est possible d'accepter", a dit le président français devant le Parlement européen de Strasbourg.

"Ma position s'énonce simplement : faire des économies oui, affaiblir l'économie, non", a-t-il ajouté à deux jours d'un Conseil européen qui verra les Vingt-Sept tenter de trouver un accord sur le cadre financier pluriannuel (CFP).

Le budget de l'UE doit préserver les politiques communes, jouer un effet de levier sur la croissance, garantir un principe de solidarité entre les Etats mais également, pour être supportable par les Etats, s'appuyer sur un mécanisme de ressources propres, a-t-il estimé.

La Commission européenne proposait initialement des dépenses limitées à 1,05 du produit national brut européen, soit un peu plus de 1.000 milliards d'euros sur sept ans, mais un groupe de pays emmené par le Royaume-Uni veut des coupes claires.

Les négociations tournent actuellement autour de 960 milliards d'euros en crédits d'engagement, ce qui pourrait satisfaire les pays bénéficiaires des fonds d'aide aux régions pauvres, mais de seulement 900 milliards en crédits de paiement pour ne pas fâcher les grands contributeurs.

"C'est une véritable escroquerie budgétaire qui se prépare", a estimé le président du groupe libéral et démocrate, le Belge Guy Verhofstadt, en évoquant ce "déficit" annoncé qui serait encore aggravé si Londres obtenait gain de cause.

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François Hollande a exhorté mardi à Strasbourg ses partenaires européens à ne pas réclamer des coupes trop importantes dans le budget européen 2014-2020, ce qui risquerait selon lui de torpiller les chances de compromis jeudi et vendredi au sommet de Bruxelles. /Photo prise le 5 février 2013/REUTERS/Christian Hartmann