L'Europe à la traîne de la révolution du gaz de schiste

dimanche 3 février 2013 19h44
 

par Alexandra Hudson

MUNICH (Reuters) - Les participants à la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, qui s'est tenue durant le week-end à Munich, ont souligné que le Vieux Continent devait développer une stratégie d'exploitation de ses ressources en gaz de schiste, faute de quoi les industries gourmandes en énergie risquaient de délocaliser.

"Le boom du gaz et pétrole de schiste est déjà en cours; tandis que l'Europe discute, l'Amérique du Nord en retire les avantages", a dit Jorma Ollila, président de Royal Dutch Shell.

Shell a signé voici une semaine avec l'Ukraine un accord de 10 milliards de dollars sur le gaz de schiste, le plus gros contrat de ce type en Europe. Il pourrait aider l'Ukraine à réduire sa dépendance vis-à-vis des importations russes.

L'Ukraine disposerait des troisièmes réserves européennes de gaz de schiste, estimées à 1.200 milliards m3, selon l'Administration américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Ce serait la France qui aurait les premières réserves européennes, évaluées à plus de 5.000 milliards m3.

La France a interdit la technique d'extraction dite de fracturation hydraulique qui mobilise des quantités énormes d'eau et de produits chimiques que l'on injecte à très forte pression dans des trous de forage pour fragmenter les schistes.

Les écologistes craignent que cette technique n'accroisse les risques de séisme et ne pollue l'eau potable. Les Etats-Unis font valoir que grâce à un usage accru du gaz, ils ont pu réduire les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau le plus bas depuis vingt ans.

"Vu de l'autre côté de l'Atlantique, il est particulièrement frappant que le développement en Europe soit interdit ou ralenti, sans véritablement de motifs valables", a dit Daniel Yergin, vice-président d'IHS Cambridge Energy Research.   Suite...