Le scandale Monte Paschi s'étend à trois semaines d'un scrutin

dimanche 3 février 2013 16h23
 

par Philip Pullella

ROME (Reuters) - Le projet de la Banque d'Italie de recourir à des obligations pour renflouer la banque Monte Paschi est licite, a jugé un tribunal samedi, le scandale entourant la plus ancienne banque du monde risquant par ailleurs de prendre de l'ampleur à trois semaines d'élections législatives.

Les magistrats de trois villes italiennes qui enquêtent sur la banque toscane doivent convoquer de nouveaux témoins la semaine prochaine à la suite des témoignages apportés par une kyrielle de banquiers, rapporte la presse.

Il est reproché à Banca Monte dei Paschi di Siena d'avoir procédé à des transactions de dérivés risquées de 2006 à 2009 pour maquiller ses comptes, transactions qui risquent de lui coûter 720 millions d'euros de pertes et de la rendre dépendante d'une aide publique.

L'ex-président du Conseil Silvio Berlusconi tente de profiter du scandale pour réduire l'écart sur ses adversaires du centre gauche, dans la perspective des élections législatives des 24 et 25 février.

Le tribunal administratif de Rome a débouté samedi la puissante association de consommateurs Codacons en refusant de bloquer l'émission par la Banque d'Italie de 3,9 milliards d'euros d'obligations spéciales destinées à renflouer Monte Paschi. Le tribunal a fixé une nouvelle audience au 20 février.

Après l'audience, la Codacons a réclamé la démission du gouverneur de la banque centrale Ignazio Visco et la nomination d'un administrateur judiciaire pour Monte Paschi.

Elle poursuit la Banque d'Italie et lui réclame 3,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, soit le même montant que l'opération obligataire qu'elle voulait bloquer.

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Un tribunal a jugé samedi que le projet de la Banque d'Italie de recourir à des obligations pour renflouer la banque Monte Paschi était licite. Le scandale entourant la plus ancienne banque du monde, à qui il est reproché d'avoir procédé à des transactions de dérivés risquées de 2006 à 2009 pour maquiller ses comptes, risque de prendre de l'ampleur à trois semaines d'élections législatives. /Photo prise le 29 janvier 2013/REUTERS/Max Rossi