Monte Paschi va gêner Mario Draghi, le superviseur bancaire

jeudi 31 janvier 2013 18h29
 

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Mario Draghi, en tant que président de la Banque centrale européenne, s'apprête à assumer la supervision du système bancaire de la zone euro, au moment où la Banque d'Italie se retrouve sur la sellette pour son traitement du dossier Monte Paschi lorsqu'il en était le gouverneur.

Le scandale lié à des dérivés financiers et les soupçons de corruption qui touchent Banca Monte dei Paschi di Siena prennent en effet leur source à l'époque où Mario Draghi dirigeait la Banque d'Italie, soit de 2006 à 2011.

Pour l'heure, la manière dont la Banque d'Italie défend son bilan contribue surtout à renforcer l'impression qu'elle a été par trop laxiste, lente à réagir et peu transparente.

Même si elle a exprimé les plus vives préoccupations vis-à-vis de Monte Paschi dès 2009, la Banque d'Italie a révélé qu'elle avait attendu fin 2011 pour convoquer la direction de la banque, les sanctions ne tombant qu'après que l'équipe dirigeante d'alors eut démissionné l'an passé.

Dans l'intervalle, les actionnaires de Monte Paschi ont été maintenus dans une ignorance totale des démarches et des observations de la banque centrale.

"La Banque d'Italie aurait pu faire beaucoup plus", a estimé Alessandro Penati, professeur de banque et de finance à l'université catholique de Milan et l'un des meilleurs experts des questions de réglementation.

"Elle en savait assez en 2010 pour justifier une attitude bien plus sévère à l'égard de la direction de la banque. Elle a le pouvoir de contester le bilan de la banque et de faire remplacer la direction, c'est ce qu'elle aurait dû faire".

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Le siège de la banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena, à Sienne. Mario Draghi, en tant que président de la Banque centrale européenne, s'apprête à assumer la supervision du système bancaire de la zone euro, au moment où la Banque d'Italie se retrouve sur la sellette pour son traitement du dossier Monte Paschi lorsqu'il en était le gouverneur. /Photo prise le 25 janvier 2013/REUTERS/Stefano Rellandini