January 31, 2013 / 7:58 AM / 4 years ago

Deutsche Bank nettoie ses comptes et solde son passé

5 MINUTES DE LECTURE

Les co-présidents du directoire de Deutsche Bank, Jürgen Fitschen (à gauche) et Anshu Jain. La première banque allemande fait état d'une perte avant impôts de 2,6 milliards d'euros pour le quatrième trimestre, sous le coup d'importantes charges de restructuration et de provisions liées aux procédures judiciaires qui la visent. /Photo prise le 31 janvier 2013/Kai Pfaffenbach

par Edward Taylor

FRANCFORT (Reuters) - Deutsche Bank a fait état jeudi d'une perte avant impôts de 2,6 milliards d'euros pour le quatrième trimestre, sous le coup d'importantes charges visant à solder son passé judiciaire et à nettoyer son bilan sans mettre les actionnaires à contribution.

La première banque allemande a expliqué que ce solde déficitaire s'expliquait en partie par une charge d'un milliard d'euros couvrant les risques juridiques, y compris son éventuelle exposition à un scandale international de manipulation de taux d'intérêt de référence.

Elle a également annoncé une charge de dépréciation de la survaleur de 1,9 milliard d'euros, liée à une réorganisation qui la conduira à cantonner une partie des actifs douteux dans une structure dédiée, et doit en principe renforcer ses fonds propres et lui éviter d'avoir à augmenter son capital.

La structure en question accueillera des actifs d'une valeur de 125 milliards d'euros, actifs qui soit consomment trop de capital soit ne dégagent pas suffisamment de profits, a expliqué la banque.

Ces restructurations sont censées dégager 4,5 milliards d'euros d'économies annuelles d'ici 2015.

La plus grande partie de la charge de dépréciation de la survaleur - soit 1,2 milliard d'euros - est liée à sa division corporate banking and securities (CB&S), qui incarne sa principale activité de banque d'investissement, habituellement la plus performante.

CB&S a publié une perte trimestrielle avant impôt de 548 millions d'euros.

Les analystes anticipaient pour la banque un bénéfice imposable de 116 millions d'euros au quatrième trimestre mais on ne sait pas si la charge de dépréciation de la survaleur était prise en compte.

Sur le trimestre, la banque a par ailleurs accusé une perte nette de 2,2 milliards d'euros.

Les comptes révèlent en outre que la banque a supprimé 2.777 postes depuis la fin 2011.

Augmenter Le Capital Ou Reduire Le Bilan

Les banques de par le monde sabrent leurs coûts et vendent ou déprécient leurs actifs les plus faibles dans le but de s'aligner sur des normes de capital devenues plus rigoureuses et censées éviter que ne se reproduise la crise financière de 2008.

Deutsche Bank a réduit sa base d'actifs pondérés du risque, lui permettent de relever son ratio de solvabilité "core Tier 1" aux normes Bâle III à 8% fin 2012, contre moins de 6% un an plus tôt. Les actifs pondérés du risque correspondent aux actifs d'une banque, généralement des prêts, dont la valeur est ajustée de la probabilité d'un non remboursement.

Il n'empêche que le ratio de Deutsche Bank reste l'un des plus bas d'Europe et certains analystes estiment que son matelas de fonds propres pourrait se dégarnir si les régulateurs mondiaux harmonisaient la manière dont les banques évaluent le risque de leurs prêts.

"Ils pourraient appliquer une sorte de plancher pour la base d'actifs pondérés du risque, ce qui coûterait cher à Deutsche Bank... Ses modèles internes risqueraient de passer à la trappe", selon Andrew Lim, analyste d'Espiroto Santo, qui estime qu'il faut encore à la banque de 15 à 20 milliards d'euros de fonds propres supplémentaires.

"La BCE (Banque centrale européenne) pourrait adopter une position beaucoup plus stricte qui l'obligerait soit à augmenter son capital soit à réduire son bilan", ajoute-t-il.

L'action Deutsche Bank progresse de 2,45% à 38,06 euros dans l'après-midi, tandis que l'indice bancaire européen perd 0,31%. L'action a monté de 15% ces 12 derniers mois contre 21% pour l'indice européen.

La banque a dit qu'il était trop tôt pour dire si un règlement de l'affaire de manipulation du taux interbancaire Libor, manipulation à laquelle certains membres de son personnel sont soupçonnés d'avoir participé, pourrait intervenir cette année.

UBS et Barclays ont payé à elles deux près de deux milliards de dollars pour régler le contentieux.

Le directeur financier Stefan Krause a minimisé l'importance des problèmes juridiques, déclarant que d'autres établissements avaient les mêmes.

Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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