Anne Lauvergeon, un premier test pour l'indépendance d'EADS

lundi 28 janvier 2013 15h43
 

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Le souhait ouvertement exprimé par l'Etat français de voir Anne Lauvergeon présider le conseil d'administration d'EADS suscite des doutes sur l'indépendance fraîchement acquise par le groupe d'aérospatiale et de défense, moins de deux mois après un accord sur la réorganisation de son capital.

Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a estimé lundi matin que l'ancienne patronne du groupe nucléaire Areva possédait "toutes les qualités" pour jouer un rôle au conseil du conseil d'EADS, maison-mère d'Airbus.

Dimanche, les services du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avaient confirmé à Reuters que le gouvernement était effectivement "très favorable" à la nomination d'Anne Lauvergeon à la présidence du conseil d'EADS.

Elle succèderait ainsi à Arnaud Lagardère, dont le groupe de médias éponyme compte sortir du capital d'EADS, tout comme l'autre actionnaire industriel de référence, le constructeur automobile allemand Daimler.

La nouvelle organisation, fruit de plusieurs semaines d'intenses négociations après l'échec du projet de fusion avec le britannique BAE Systems, répond en grande partie à la volonté du président exécutif d'EADS, Tom Enders, de faire d'EADS une entreprise "normale".

"C'est une affaire politique. On peut considérer qu'il y a une certaine interférence de l'Etat donc ce n'est pas nécessairement en ligne avec ce qu'on pouvait attendre de la nouvelle structure de gouvernance", souligne Christophe Ménard, analyste chez Kepler Securities.

"Tout dépend comment Tom Enders parvient à manoeuvrer. La messe n'est pas nécessairement dite".

L'action EADS gagnait 1,16% à 35,19 euros vers 12h20 lundi, alors que le CAC 40 restait stable.   Suite...

 
Le souhait ouvertement exprimé par l'Etat français de voir Anne Lauvergeon présider le conseil d'administration d'EADS suscite des doutes sur l'indépendance fraîchement acquise par le groupe d'aérospatiale et de défense, moins de deux mois après un accord sur la réorganisation de son capital. /Photo prise le 16 octobre 2012/REUTERS/Charles Platiau