Voestalpine parle de guerre des prix de l'acier sans fin en Europe

dimanche 27 janvier 2013 18h59
 

FRANCFORT (Reuters) - Les sidérurgistes européens ne fermeront vraisemblablement pas suffisamment de sites de production pour mettre un terme à une situation de surcapacités, ce qui signifie que la guerre des prix dans le secteur va se poursuivre, estime Wolfgang Eder, directeur général de l'autrichien Voestalpine.

"Malgré les difficultés du secteur, je ne vois pas la guerre des prix se terminer. La capacité des entreprises à tirer les leçons du passé est limitée (...)", poursuit-il.

"Pourtant, les capacités doivent être diminuées d'au moins 20% avant que le secteur puisse renouer avec de saines conditions d'activité", poursuit Wolfgang Eder, dans le cadre d'un entretien publié par le Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung.

Il ajoute que Voestalpine est rentable grâce notamment grâce à la décision, renouvelée ces dernières années, de ne pas augmenter les capacités de production d'acier du groupe.

"Et l'acier ne représente que 30% de notre chiffre d'affaires", poursuit Wolfgang Eder, notant à la fois que l'objectif à long terme était de ramener cette part à 25% mais qu'une cession de la division sidérurgie était exclue.

ArcelorMittal a annoncé jeudi son intention de fermer une cokerie et six lignes de production sur son site de Liège, en Belgique, une décision qui affectera 1.300 salariés et est imputable à une baisse de la demande d'acier de 8% à 9% en Europe en 2012.

Il y a plus d'un mois, le premier sidérurgiste mondial, a annoncé qu'il allait déprécier la survaleur ("goodwill") de ses sociétés européennes d'environ 4,3 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros) dans ses comptes, les problèmes économiques du continent ayant affecté la demande d'acier.

Le 10 décembre, l'allemand ThyssenKrupp avait fait état d'une perte annuelle largement supérieure aux prévisions, en raison d'une forte dépréciation sur ses aciéries aux Etats-Unis et au Brésil, qui sont en vente.

Christiaan Hetzner, Benoît Van Overstraeten pour le service français

 
Le directeur général de l'autrichien Voestalpine, Wolfgang Eder, estime que les sidérurgistes européens ne fermeront vraisemblablement pas suffisamment de sites de production pour mettre un terme à une situation de surcapacités, ce qui signifie que la guerre des prix dans le secteur va se poursuivre. /Phot d'archives/REUTERS/Michaela Rehle