EADS teste son indépendance avec un conseil remanié

mardi 22 janvier 2013 17h26
 

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - La nouvelle structure actionnariale d'EADS décidée en décembre dernier devait théoriquement libérer la maison-mère d'Airbus de l'influence de Paris et de Berlin et lui permettre de choisir en toute indépendance le futur président de son conseil d'administration. En pratique, il s'agira d'un Français.

Cette nouvelle organisation, fruit de plusieurs semaines d'intenses négociations après l'échec du projet de fusion avec le britannique BAE Systems, répond en grande partie à la volonté du président exécutif d'EADS, Tom Enders, de faire du groupe européen d'aérospatiale et de défense une entreprise "normale".

Mais la constitution du conseil va requérir une grande habilité diplomatique.

"Ce sera le premier test pratique sur le fait de savoir qui obtient ce qu'il veut au sein du nouvel EADS", note Nick Cunningham, analyste chez Agency Partners.

Tant qu'EADS sera dirigé par l'Allemand Tom Enders, le président du conseil d'administration restera probablement français. Mais les investisseurs veulent cette fois un président fort à la tête du conseil, capable de résister aux influence politiques et de se battre pour les intérêts commerciaux du groupe.

Les Français Philippe Camus, ancien coprésident du groupe européen d'aérospatiale et de défense, et Jean-Louis Beffa, président d'honneur du verrier Saint-Gobain, ont intégré la liste des candidats susceptibles d'intégrer le conseil, voire d'en prendre la présidence, selon des sources proches du dossier.

Les noms des successeurs potentiels à Arnaud Lagardère circulent au moment où EADS clame sa volonté de se libérer du joug des Etats, tout en essayant discrètement de tenir compte des enjeux politiques d'un accord qui a conduit la France et l'Allemagne à accepter une participation équivalente dans EADS.

Le nom de l'ancien président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a été également été cité pour la présidence du conseil d'administration, mais il pourrait être handicapé par son manque d'expérience industrielle au moment où EADS fait face aux réductions budgétaires dans la défense et à la naissance d'un nouvel avion, le futur long-courrier A350.   Suite...

 
La nouvelle structure actionnariale d'EADS décidée en décembre dernier devait théoriquement libérer la maison-mère d'Airbus de l'influence de Paris et de Berlin et lui permettre de choisir en toute indépendance le futur président de son conseil d'administration. En pratique, il s'agira d'un Français. /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz