La CFDT accuse Carlos Ghosn de privilégier Nissan

lundi 21 janvier 2013 13h43
 

PARIS (Reuters) - Le numéro un de la CFDT Laurent Berger a accusé lundi le PDG de Renault Carlos Ghosn de privilégier le partenaire japonais Nissan à l'heure où la direction du constructeur automobile français prévoit de supprimer 7.500 emplois en France d'ici 2016.

Renault, dont les ventes ont grimpé l'an dernier de 9,1% à l'international grâce notamment à la gamme low cost Dacia, mais chuté de 18% en Europe, a fait savoir vendredi qu'il s'engagerait à produire en France de nouveaux véhicules pour ses partenaires Nissan ou Daimler s'il parvenait avec les syndicats à un accord sur sa compétitivité.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déclaré un peu plus tôt que Carlos Ghosn s'était engagé auprès de lui à produire davantage pour Nissan en France afin de mieux charger les usines Renault de l'Hexagone.

"Il faut s'interroger sur la stratégie de Renault et sur la stratégie de son PDG, et là-dessus il faut vraiment qu'on se dise un moment donné qu'il y a un vrai problème", a déclaré le secrétaire général de la CFDT sur RTL.

"Carlos Ghosn dirige deux entreprises en même temps, il est neuf fois plus payé par Nissan que par Renault, qui ont quand même des intérêts différents", a-t-il ajouté.

"Il est quasiment inaccessible, personne ne le voit, personne ne le rencontre quasiment. Il est payé sept fois plus que le PDG de Toyota qui, lui, met son entreprise dans des situations plus performantes."

"Je m'interroge aujourd'hui sur la stratégie menée par Renault et par son PDG", a insisté Laurent Berger.

Prié de dire s'il pensait que Carlos Ghosn avantageait Nissan, dont Renault détient 43,4%, au détriment de la marque au losange, il a répondu : "Je suis en droit comme d'autres de me poser la question. Aujourd'hui, tout porte à penser qu'il aurait intérêt à le faire plutôt comme ça, et je pense qu'il le fait plutôt comme ça."

"Il faut s'interroger sur la possibilité pour Renault d'avoir un PDG qui soit plus performant dans la stratégie de Renault", a dit Laurent Berger.   Suite...

 
Le numéro un de la CFDT accuse le PDG de Renault Carlos Ghosn de privilégier le partenaire japonais Nissan à l'heure où la direction du constructeur automobile français prévoit de supprimer 7.500 emplois en France d'ici 2016. /Photo prise le 16 février 2012/REUTERS/Jacky Naegelen