L'accord sur le marché du travail, crucial pour la notation

samedi 12 janvier 2013 09h33
 

par Marc Joanny

PARIS (Reuters) - L'accord sur la réforme du marché du travail pourrait lever une hypothèque sur la qualité de signature de la France aux yeux des agences de notation et rassurer des investisseurs internationaux échaudés par un regain d'interventionnisme étatique.

Représentants du patronat et d'une partie des syndicats sont parvenus vendredi à un accord alliant une plus grande sécurisation de l'emploi pour les salariés en contrepartie d'une souplesse accrue du marché du travail.

"C'est une négociation historique. Certainement par son impact immédiat mais aussi par l'écho qu'elle aura sur le plan international", a estimé Louis Gallois lors d'une rencontre avec la rédaction de Reuters avant la phase finale des négociations.

L'ex-dirigeant d'EADS et de la SNCF avait plaidé dans son rapport sur la compétitivité de l'économie française pour l'introduction de souplesses dans le CDI en contrepartie d'une limitation du recours aux contrats précaires (CDD, intérim...).

Si près de 85% des 17,7 millions de salariés du secteur privé sont en CDI et environ 14% sous contrat précaire (3,6% en mission d'intérim et 10,1% en CDD), les proportions sont très différentes sur les flux d'embauche, selon les données de l'Urssaf.

Sur 20,7 millions d'embauches hors intérim enregistrées en 2011, à peine 16% se sont faites en CDI, la proportion étant encore plus faible si les 18,6 millions d'embauches en mission d'intérim sont prises en compte.

"L'idée que ça bouge en France par le dialogue social est un signal extrêmement fort sur le plan international", a insisté Louis Gallois qui n'a pas hésité, comme d'autres, à intervenir en pleine phase finale des négociations pour presser les partenaires sociaux de conclure.

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L'accord sur la réforme du marché du travail pourrait lever une hypothèque sur la qualité de signature de la France aux yeux des agences de notation et rassurer des investisseurs internationaux échaudés par un regain d'interventionnisme étatique. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann