Renault et PSA, laboratoires de la flexibilité du travail

mercredi 9 janvier 2013 08h43
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - En ouvrant des négociations sur leur compétitivité en France, les constructeurs automobiles Renault et PSA Peugeot Citroën sont devenus des laboratoires de la réforme du marché du travail sur laquelle les partenaires sociaux peinent en ce moment à s'entendre.

Le président François Hollande exhorte patronat et syndicats au niveau national à s'entendre sur une plus grande sécurisation de l'emploi en échange d'une souplesse accrue du marché du travail, faute de quoi le gouvernement imposera sa propre réforme. Un round de négociations décisif aura lieu jeudi et vendredi.

"L'industrie automobile, confrontée à une crise rare par sa violence, se trouve tout à coup contrainte de reposer la manière dont elle gère globalement sa flexibilité", observe l'historien Charles de Froment, de l'Institut de l'entreprise, auteur d'un rapport sur ce sujet qui fait débat en France depuis une dizaine d'années mais que d'autres pays européens ont commencé à expérimenter dans les années 1990.

"Or c'est vraiment l'un des enjeux principaux de la réforme actuelle. Ce que tente de faire l'industrie automobile, c'est une meilleure répartition du risque ou des besoins de flexibilité sur les différentes catégories de salariés", ajoute-t-il.

"SOCIALEMENT INNOVANT"

L'objectif de la réforme du marché du travail est d'améliorer la compétitivité de l'économie et de réduire le fossé qui se creuse entre les salariés en contrats indéterminés (CDI) et ceux en contrats temporaires (CDD, intérim ou sous-traitants), qui sont devenus une variable d'ajustement des entreprises face aux aléas de leur activité.

Lors de la crise de 2008-2009, l'industrie automobile a d'abord réduit le nombre de ses intérimaires pour s'adapter à l'effondrement des ventes. Face à la rechute de la demande après l'été 2011, PSA a ensuite annoncé un premier plan social portant sur 6.000 suppressions de postes en Europe, dont 2.500 chez les sous-traitants.

"Là, tous s'aperçoivent que ce n'est même pas suffisant, et qu'ils sont sans doute au bout du système. Ils tentent maintenant de transférer aux autres salariés une partie de l'effort à fournir en cas de variation subite du carnet de commandes", poursuit Charles de Froment.   Suite...

 
En ouvrant des négociations sur leur compétitivité en France, les constructeurs automobiles Renault et PSA Peugeot Citroën sont devenus des laboratoires de la réforme du marché du travail sur laquelle les partenaires sociaux peinent en ce moment à s'entendre. /Photo prise le 2 novembre 2012/REUTERS/Christian Hartmann